Tweets racistes : Angela Merkel fait la leçon à Donald Trump sur la grandeur de l'Amérique

La chancelière allemande a jugé vendredi avec une rare véhémence que Donald Trump avait porté atteinte à "la grandeur de l'Amérique" avec ses propos attaquant des élues démocrates issues de l'immigration.

"Je veux fermement me distancier (de ces attaques) et je suis solidaire des femmes attaquées", a insisté lors de sa traditionnelle conférence de presse estivale Angela Merkel, qui entretient déjà des relations difficiles avec le président américain.

La chancelière a relevé que ce qui faisait la force des Etats-Unis c'est justement "que des gens de différentes nationalités constituent le peuple américain".

Dès lors, les attaques de Trump contre quatre élues démocrates sont "quelque chose qui va à l'encontre de la grandeur de l'Amérique", un clin d'oeil au slogan du président américain "Make America great again" ("Rendre sa grandeur à l'Amérique").

La force des déclarations de la chancelière allemande tranche aussi avec sa retenue habituelle quant aux questions de politique intérieure dans d'autres pays. Mais le sujet du racisme est extrêmement sensible en Allemagne, qui se pose en modèle de tolérance du fait de son passé nazi, et interrogée sur le sujet, Mme Merkel se devait de prendre position d'autant que d'autres dirigeants européens l'ont fait cette semaine.

Leader du monde libre

Par ailleurs, Donald Trump, avant même sa prise de fonctions à la Maison Blanche et à maintes reprises depuis, s'en est pris sans retenue à l'Allemagne et à Mme Merkel, notamment sur sa police migratoire généreuse, son excédent commercial ou encore ses dépenses militaires jugées insuffisantes.

La dirigeante allemande avait elle averti M. Trump juste après son élection qu'il se devait de défendre les valeurs démocratiques occidentales. Cette sortie lui avait valu d'être surnommée "leader du monde libre" dans une partie de la presse américaine.

Les critiques vendredi de Mme Merkel s'ajoutent à celles de nombreux responsables américains mais aussi de dirigeants étrangers, outrés de la manière dont Trump a appelé des élues au Congrès, issues de l'immigration, à retourner dans leur pays d'origine, au motif qu'elles "haïssent" les Etats-Unis et "se plaignent constamment", selon lui.

La Première ministre britannique Theresa May avait dénoncé dès lundi des propos "totalement inacceptables", des critiques partagées par les deux conservateurs qui espèrent lui succéder, le chef de la diplomatie Jeremy Hunt et le favori, Boris Johnson, pourtant très apprécié du président américain.

La cheffe du gouvernement néo-zélandais, Jacinda Ardern a aussi étrillé les propos du président américain : "nous pensons que notre Parlement doit être un endroit représentatif (...) il doit ressembler à la Nouvelle-Zélande, être constitué de toute une palette de cultures et d'ethnies différentes".

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