Tutoiement, "Casse-toi pauv' con", gifles... les clashs entre politiques et citoyens (vidéos)

Tutoiement, "Casse-toi pauv' con", gifles... les clashs entre politiques et citoyens (vidéos)
Tutoiement, "Casse-toi pauv' con", gifles... les clashs entre politiques et citoyens (vidéos) - © Tous droits réservés

La scène a beaucoup fait parler cette semaine : Emmanuel Macron a fait la leçon a un jeune homme qui l'avait appelé "Manu" lors des commémorations de l'Appel du 18 juin au Mont-Valérien. La vidéo de cette discussion a été reprise et commentée à l'infini. Au point que le jeune garçon serait "totalement dépassé et déprimé" selon une journaliste qui l'a rencontré.

Ce n'est pas la première fois qu'un président, un élu ou un candidat à une élection se retrouve au coeur d'un échange en public. Dans l'histoire de la République, les exemples sont nombreux. Parfois l'altercation tourne à l'avantage de la personnalité politique, parfois c'est le citoyen qui en sort gagnant. Retour en vidéos sur ces moments où la parole politique et la parole populaire s'affrontent.

1980 : un échange entre Daniel Balavoine et François Mitterrand

"J'aurai le temps une minute de m'énerver et de paraître pour un petit merdeux, un petit jeune de plus qui fout la pagaille partout. Je préfère m'en aller tout de suite. Si j'avais su que je n'aurais pu rien dire, j'aurais dormi beaucoup plus tard." Sur le plateau d'Antenne 2, Daniel Balavoine s'énerve qu'on ne lui laisse pas la parole face à François Mitterrand. A l'époque, on ne parlait pas de "clash", mais ça y ressemble. 

Le chanteur, qui a alors 28 ans, fait mine de s'en aller avant de se rasseoir. Il lance alors toute une série de dossiers sur la table : la  drogue, le financement du Parti Communiste, la problématique du logement ou la mort suspecte du ministre Robert Boulin (toujours pas résolue à ce jour).

Mais le jeune homme a en face de lui un expert en matière de calme. Celui qu'on surnommait parfois le Sphinx laisse son interlocuteur parler. "Ce qui m'intéresse beaucoup c'est que cette façon de penser, de réagir et de s'exprimer (...) ait droit de cité", répond celui qui deviendra président de la République un an plus tard. "Je suis pour que tout soit dit et pour que tout homme politique puisse être remis en question." Et de conclure sur la dévaluation du franc, loin des questions posées par Daniel Balavoine.

2002 : François Bayrou gifle un enfant

L'incident est resté célèbre sous le nom de "la gifle de Strasbourg". François Bayrou, alors candidat (UDF) à l'élection présidentielle, est dans cette ville de l'est de la France pour parler d'insécurité. Un thème porteur lors de cette campagne de 2002 où Jacques Chirac affrontera Jean-Marie Le Pen au second tour.

François Bayrou se trouve devant une maison de quartier. Il échange avec des jeunes qui se rassemblent autour de lui. "Je parle de la France", tente-t-il... aussitôt coupé par les gens autour de lui. Dans le même temps, un enfant en aurait profité pour fouiller dans les poches du candidat. Celui-ci réagit aussitôt et décoche une gifle. Une réaction de "père de famille", justifiera-t-il ensuite.

2008 : le "Casse toi, pauvre con" de Nicolas Sarkozy

C'est devenu un classique de l'altercation entre le monde politique et les citoyens. En février 2008, Nicolas Sarkozy est président de la République depuis moins d'un an. Il se rend alors au Salon de l'Agriculture. Il est alors apostrophé par un homme qui refuse de lui serrer la main. "Touche-moi pas, tu me salis", lui dit ce citoyen. La réponse de Nicolas Sarkozy est immédiate... et restera célèbre. "Casse-toi alors, pauvre con."

En janvier 2016, l'ex-président est à nouveau candidat. Devant la caméra de TF1, il dit regretter ce moment. "En disant ça, j'ai abaissé la fonction présidentielle. C'est une erreur. J'ai compris à ce moment-là qu'avoir du tempérament n'autorisait pas tout", déclare-t-il dans l'émission "Sept à huit".

2016 : un homme refuse de serrer la main de François Hollande

Peut-on vraiment parler d'altercation... pas tellement dans le cas présent puisque tout se joue sur un instant silencieux. Janvier 2016, la République rend hommage. Jean-Paul Salvaing et Jessica Schneider ont été tués dans les Yvelines (près de Paris) par un homme se revendiquant du groupe terroriste Etat islamique. François Hollande assiste à une cérémonie en leur mémoire. Comme le veut l'usage, il salue les personnes présentes. C'est alors qu'un policer refuse de lui serrer la main. L'homme fera de même avec Manuel Valls, alors Premier ministre.

Par ce geste, ce membre des forces de l'ordre voulait protester contre le "manque de moyens" dans la police. Un geste que Manuel Valls a dit "pouvoir comprendre". "Je peux comprendre que dans ces moments là il y ait un policier ou deux policiers, des hommes, des femmes qui sont touchés, qui pouvaient connaître les victimes, qui aient une attitude qui n'est en rien irrespectueuse, elle était respectueuse", a-t-il alors déclaré aux médias.

2016 : Emmanuel Macron se fait tailler un costard

Nous sommes à Lunel, dans l'Hérault (sud de la France), le 28 mai 2016. Emmanuel Macron, qui n'est pas encore officiellement candidat à la présidentielle, est pris à partie par des syndicalistes. "Je n'ai pas de leçon à recevoir. Si vous n'aimez pas que la France soit bloquée, arrêtez de la bloquer", se défend celui qui démissionnera de son poste de ministre de l'Economie deux mois plus tard.

Et vient la phrase qui fâchera ses détracteurs : "La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler". Un temps habillé par le tailleur Jonas et Cie, le président de la République se fournit désormais chez Smuggler. Dont coût : entre 800 et 1500 euros le costume.

2017 : Manuel Valls se prend une gifle

En 2017, Manuel Valls est candidat à la primaire de la gauche pour l'élection présidentielle. En déplacement à Lamballe, il est giflé par un jeune homme dans la rue. L'agresseur est aussitôt maîtrisé par le service de sécurité de l'ex-Premier ministre. "C'est bon, c'est bon, c'est bon, laissez, écartez-vous, il n'y a pas de problème", lance-t-il pour calmer le jeu.

L'auteur de la gifle sera condamné à trois mois de prison avec sursis en janvier 2017.

2017 : Jean-Luc Mélenchon face à un cheminot

Jean-Luc Mélenchon a l'habitude d'aller au contact, que ce soit sur les plateaux ou dans la rue. Confronté à un cheminot à Périgueux en janvier 2017, coupe court à la conversation avant de partir à l'attaque. "Pourquoi tu me parles comme ça, lance-t-il à son interlocuteur. J'use ma vie à vous défendre. (...) T'es mon ennemi, c'est ça que tu veux ? Va voir les mecs de droite. C'est eux qui vont ont mis dans la merde. C'est le PS qui vous a mis dans la merde."

Et en Belgique ?

En Belgique aussi, les élus vont parfois au contact avec la population. C'est par exemple le cas de Philippe Close, le bourgmestre de Bruxelles. En novembre 2017, la ville est confrontée à des émeutes à répétition. Le socialiste fait le point devant la caméra de la VRT. En arrière plan, ado opine du chef en murmurant. Réaction du bourgmestre : "Maintenant vous rentrez chez vous ou vous allez rester avec moi sinon."

 

Remontons plus loin dans le temps. En octobre 2014, Jacqueline Galant (MR), ministre fédérale de la Mobilité, tente de discuter avec des cheminots inquiets pour leur avenir. Une équipe de la RTBF immortalise la scène. Invectivée par un syndicaliste, elle s'emporte : "Je n'ai pas d'insulte à recevoir de votre part." Comme on peut le voir dans l'archive vidéo ci-dessous, celle qui se présente comme "quelqu'un de dialogue" suggère ensuite de faire appel à la police.

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