Turquie: une commission parlementaire pour lutter contre les violences faites aux femmes

Turquie: une commission parlementaire pour lutter contre les violences faites aux femmes
Turquie: une commission parlementaire pour lutter contre les violences faites aux femmes - © Chris McGrath - Getty Images

La Turquie va créer une commission parlementaire pour mieux lutter contre les violences faites aux femmes, a annoncé lundi le président Recep Tayyip Erdogan, quelques jours après une violente agression qui a choqué le pays.

"Nous allons créer une nouvelle commission parlementaire (...) Nous ne pouvons pas laisser (les femmes) être victimes de violences", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Ankara.

Cette annonce, qui coïncide avec la Journée internationale des droits des femmes, intervient aussi après la violente agression samedi d'une femme par son ex-mari à Samsun, dans le nord de la Turquie, en pleine rue et sous les yeux de leur fille.

Erdogan s'implique

Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, on voit l'homme asséner des coups de pied à la femme qui gît au sol, pendant que leur fillette âgée de cinq ans pleure à côté. L'agresseur, qui a été neutralisé par des passants et remis à la police, a été placé en détention provisoire dimanche. La victime a été hospitalisée et ses jours ne sont pas en danger.

"J'ai parlé à notre ministre de la Justice hier soir. Nous allons suivre cette affaire jusqu'au bout", a déclaré M. Erdogan lundi. La Turquie est régulièrement secouée par des agressions de femmes et des féminicides, dont le nombre a augmenté depuis une décennie.

En 2020, 300 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, selon l'association "Nous mettrons fin aux féminicides".

Si M. Erdogan condamne régulièrement les violences contre les femmes, les associations estiment que le gouvernement turc ne prend pas suffisamment de mesures pour mettre fin au sentiment d'impunité des agresseurs.

Erdogan tâtonne

En dépit des nombreuses violences, M. Erdogan a plusieurs fois dit vouloir retirer la Turquie de la Convention d'Istanbul, un traité du Conseil de l'Europe qui fixe des normes juridiquement contraignantes en vue de prévenir la violence sexiste.

Pour les militants des droits des femmes, un retrait de la Convention d'Istanbul affaiblirait la lutte contre les violences domestiques. Ils accusent en outre les autorités de ne pas appliquer avec assez de fermeté les lois votées après la ratification du traité en 2012, ce qui explique selon eux la hausse du nombre de féminicides ces dernières années.

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