Turquie: rencontre entre Erdogan et des "contestataires"

Turquie: R. Erdogan rencontre des "contestataires"... choisis par ses soins
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Le Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a rencontré des "représentants" choisis par ses soins du mouvement de contestation antigouvernementale qui secoue la Turquie depuis 12 jours, une rencontre jugée factice par les principaux acteurs du mouvement.

La place Taksim d'Istanbul a retrouvé un semblant de calme au lendemain des violences entre police et manifestants.

Par ailleurs, près de 3000 avocats ont manifesté mercredi à travers le pays. Ils ont dénoncé la brève arrestation, mardi à Istanbul, de 73 de leurs confrères lors d'une action de soutien à la contestation.

Erdogan rencontre des "contestataires"... choisis par ses soins

Le Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a rencontré mercredi à Ankara des "représentants" choisis par ses soins du mouvement de contestation antigouvernementale qui secoue la Turquie depuis 12 jours, une rencontre jugée factice par les principaux acteurs du mouvement.

M. Erdogan a accueilli les 11 membres de la délégation, composée principalement d'artistes, d'universitaires et d'architectes, au siège de son Parti de la justice et du développement (AKP).

Solidarité Taksim, la plateforme de 116 partis et associations qui anime le mouvement pour la préservation du parc Gezi à Istanbul, menacé par un projet d'aménagement urbain et d'où est partie la contestation, a dénoncé mercredi cette réunion à laquelle elle n'a pas été conviée.

"Nous annonçons qu'aucun membre de Solidarité Taksim n'a été invité et ne participera aux entretiens. Ces rencontres n'auront aucun résultat tant que la police continuera d'utiliser une violence impitoyable niant le droit à la vie au parc Gezi et dans ses alentours", a affirmé le groupe mercredi dans un communiqué.

L'annonce lundi par le gouvernement de la réunion a été suivie le lendemain par un assaut brutal de la police contre la place Taksim, jouxtant le parc Gezi et occupée par les manifestants.

Les militants ont par ailleurs rappelé leurs revendications: l'abandon du projet d'aménagement, l'arrêt de la répression contre les manifestants et le limogeage de ses responsables, la libération des protestataires interpellés et l'abandon de toutes poursuites à leur encontre.

Referendum?

"Nous pourrions soumettre cette question à un vote populaire à Istanbul (...) en démocratie, seule la volonté du peuple compte", a déclaré à Ankara le vice-Premier ministre Huseyin Celik, à l'issue d'une longue réunion entre M. Erdogan et des "représentants" des manifestants.

M. Celik, qui est aussi porte-parole du Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) au pouvoir, a une nouvelle fois demandé aux quelques centaines de manifestants qui occupent toujours le petit parc Gezi, adjacent à la place Taksim, de le quitter "le plus vite possible".

"Le parc Gezi doit être évacué le plus vite possible. Nous ne pouvons bien sûr pas accepter que ces manifestations se poursuivent éternellement. La vie doit revenir à la normale dans le parc Gezi (...) je crois qu'après ce geste de bonne volonté (l'éventualité d'un référendum, ndlr), les jeunes vont décider de quitter le parc Gezi", a dit le vice-Premier ministre.

Belga