Turquie: Recep Erdogan appelle au calme face à la violente contestation

Turquie: Recep Erdogan appelle au calme face à la violente contestation
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Turquie: Recep Erdogan appelle au calme face à la violente contestation - © AFP

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a lancé lundi un appel au calme après trois jours de violentes manifestations antigouvernementales. Il a invité ses compatriotes à ne pas céder aux provocations d'"éléments extrémistes".

"Soyez calmes, détendus, et nous trouverons une solution à tout cela", a déclaré le Premier ministre au cours d'une conférence de presse à l'aéroport d'Istanbul avant son départ pour un voyage officiel au Maroc. Voyage au cours duquel il doit s'entretenir avec les dirigeants des trois Etats du Maghreb des "relations politiques, économiques et culturelles" entre la Turquie et leurs pays, ainsi que des "développements régionaux et internationaux", a indiqué le bureau du Premier ministre dans un communiqué.

Amnesty International (AI) a de son côté ouvert son bureau turc, situé à proximité de la place Taksim à Istanbul, aux protestataires fuyant les violences policières de ces derniers jours.

Des médecins ont été accueillis dans les locaux pour traiter des manifestants blessés, a précisé l'organisation lundi dans un communiqué, ajoutant que d'autres ONG ont pris des mesures similaires.

Déjà trois jours de confrontation

Istanbul et la capitale turque, Ankara, ont été le théâtre de violents affrontements entre manifestants et police depuis vendredi.

Le mouvement de protestation a été déclenché par un projet d'aménagement urbain controversé. Confronté à l'un des plus importants mouvements de contestation populaire depuis l'arrivée de son parti islamo-conservateur, le Parti pour la justice et le développement (AKP) au pouvoir en 2002, Recep Tayyip Erdogan a été contraint de lâcher du lest samedi. Il a ordonné à la police de se retirer de la place Taksim à Istanbul, épicentre de la contestation, et du petit parc Gezi, dont la destruction annoncée a lancé la révolte.

A Izmir, dans l'ouest du pays, des manifestants ont lancé des cocktails molotov sur la permanence du Parti pour la justice et le développement (AKP). Le bâtiment a été partiellement détruit, avant que l'incendie ne soit éteint, rapporte l'agence de presse Dogan.

De violents affrontements ont également éclaté à Istanbul, où les protestataires ont érigé des barricades avec du mobilier urbain et des pavés. Toutes les rues menant au bureau du Premier ministre avaient été bouclées et la police a tiré des grenades lacrymogènes pour repousser les manifestants.

Dans le centre d'Ankara, la police a effectué une descente dans un centre commercial où elle soupçonnait des manifestants de s'être réfugiés, arrêtant des centaines de personnes. Lundi matin, le calme semblait cependant revenu en ce quatrième jour du mouvement de contestation. Les manifestants dénoncent le gouvernement islamo-conservateur turc du premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Selon l'agence officielle Anatolie, environ 200 personnes ont été interpellées et ont été amenées à bord d'autocars de la police à la direction de sûreté. La répression a fait plus de mille blessés, mais n'a pas entamé la volonté des manifestants qui sont encore des milliers à occuper la place Taksim à Istanbul. Des affrontements ont repris dans la soirée d'hier.

Recep Tayyip Erdogan reste populaire

Fort des sondages où il apparaît toujours comme l'homme le plus populaire de Turquie, Recep Erdogan poursuit son chemin. Hier il a annoncé qu'une mosquée serait construite sur la place Taksim, à Istanbul, la place où les contestataires se réunissent depuis trois jours. Et d'ajouter qu'il ne demandera pas l'autorisation à une paire de pilleurs pour le faire.

Au cri de "gouvernement démission"

Dimanche soir, les manifestations continuaient aussi dans la capitale Ankara. Délogés d'une place par la police, les manifestants se sont rendus dans un quartier résidentiel et ont dressé des barricades dans un concert de casseroles. "Personne ne veut de toi Tayyip", scandaient les protestaires à Ankara.

Un concert repris également à Istanbul sur le thème : gouvernement, démission". Istanbul où, tout l'après-midi, des milliers de personnes ont envahi l'emblématique place du centre de Taksim, désormais vide de toute présence policière après deux jours de violents incidents qui ont fait plusieurs centaines de blessés et provoqué l'arrestation de plus de 1700 manifestants dans toute la Turquie.

Ou comment, en trois jours, la défense d'un parc a abouti  à la contestation de la politique du pouvoir.

RTBF