Turquie : l'AKP et ses partisans répondent aux critiques

Non respect du droit des femmes, liberté d'expression bafouée, dérive autoritaire : l'AKP et le président Recep Tayyip Erdogan sont vivement critiqués par l'opposition en Turquie. Mais ils se justifient. 

Les affiches du parti islamo-conservateur, l'AKP sont partout à Istanbul. Aussi grandes que les buildings. Le parti a de l'argent. C'est le seul qui peut se payer une campagne d'une telle ampleur. Les candidats de l'AKP sont allés chercher les voix jusqu'au dernier moment, jusqu'au dernier jour de la campagne.

Ce samedi 31 octobre, dans le district de Bayrampaşa, à Istanbul, le député AKP Hüseyin Bürge profite de la prière à la mi-journée à la mosquée pour rencontrer un maximum de sympathisants. Chaque voix compte. L'AKP veut gagner les élections et le candidat sait qu'il peut compter sur la voix de Mustafa Sacak, patron d'un magasin dans le district. Selon ce petit entrepreneur, "il n'y a aucun parti qui veut faire une coalition en Turquie. Et les partis qui veulent battre l'AKP ne se rendent pas compte qu'ils vont détruire le pays."

Mustafa Sacak est un partisan convaincu du député. Devant la mosquée où les hommes boivent le thé, il invite un autre individu à se lever pour le candidat AKP. "Mets toi debout!" Mais Hüseyin Bürge reste modeste en campagne : "Il n'y a pas besoin de se lever quand on voit un député!"

"L'AKP doit gouverner seul"

Aux élections législatives de juin dernier, l'AKP a perdu sa majorité après 13 années de pouvoir ininterrompu. Les partis d'opposition gagnent du terrain, les critiques dans la population aussi. L'ooposition accuse notamment l'AKP de vouloir élargir les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. et de vouloir installer un pouvoir dictatorial. Hüseyin Bürge, le député AKP, réfute ces critiques : "En Europe, il y a beaucoup de pays qui ont un roi, et ils disent que la Turquie a un dictateur! Ils disent cela d'une personne qui a été élue démocratiquement à 52% aux élections présidentielles. Je pense qu'il y a des forces externes et internes qui jouent contre le président Erdogan et le premier ministre Davutoglu."

À ses sympathisants, il le répète dans un discours au coin d'un table dans un café : "La Turquie a besoin d'un seul parti au gouvernement afin de solutionner les problèmes. C'est une question de territoire, de drapeau et de patrie".

Liberté d'expression et droits des femmes

Autour du député dans le café, beaucoup sont acquis à sa cause et à celle du président Erdogan. Le patron du magasin Mustafa Sanjak sait que les critiques contre l'AKP sont nombreuses. Le parti ne respecterait pas la liberté d'expression. Des dizaines de journalistes sont en prison en Turquie. Pour lui, c'est un peu normal. "Le président Erdogan est à la tête de la Turquie. Que ce soit lui ou un autre président, il est l'image de notre pays. Et les journalistes critiquent cette personne qui représente la Turquie. C'est quelque chose qui ne peut pas arriver ailleurs, dans d'autres pays, alors ça ne peut pas arriver en Turquie non plus."

Dans le district de Bayrampaşa, on vote majoritairement AKP, les hommes comme les femmes. Sumeyye Kilincte est vendeuse dans un magasin d'habits pour femmes. Elle a 24 ans et elle est aussi étudiante en sociologie à l'université. Elle n'est pas d'accord avec ceux qui accusent Erdogan de limiter le droit des femmes. "Maintenant grâce à l'AKP, on peut aller partout où on veut avec notre voile, il n'y a plus de restrictions. On peut être employées à des postes publics, on peut être professeur avec un voile par exemple. l'AKP a permis un grand développement en terme de droit des femmes en Turquie."

Elle estime qu'elle perdrait son droit de porter le voile si l'AKP n'était plus au pouvoir. Selon les sondages, 40% de la population soutient encore le parti, malgré les critiques. Mais 40%, ce n'est pas suffisant pour avoir la majorité absolue.

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