Turquie: l'Union européenne appelle toutes les parties à la "retenue"

Turquie: pour Erdogan, la patience du gouvernement a "des limites"
Turquie: pour Erdogan, la patience du gouvernement a "des limites" - © RTBF

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a appelé dimanche à "une solution rapide" en Turquie et demandé aux opposants comme aux partisans du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan de faire preuve de "retenue", alors que la tension restait vive dans le pays. De son côté, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a averti dimanche à Ankara que la patience de son gouvernement avait "des limites", au dixième jour des manifestations exigeant sa démission.

"Les tensions persistantes soulignent la nécessité pour toutes les parties de faire preuve de retenue et l'importance de trouver une solution rapide fondée sur le dialogue, le respect mutuel, la compréhension", a déclaré Catherine Ashton dans un communiqué.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a lancé dimanche la contre-offensive face aux dizaines de milliers de manifestants qui réclament depuis dix jours sa démission en mobilisant ses partisans et en prévenant que sa patience avait "des limites".

Alors que les protestataires ont une nouvelle fois occupé la rue à Istanbul, Ankara ou Izmir (ouest), le chef du gouvernement a renoué avec sa rhétorique offensive contre les "pillards" et les "extrémistes", et dénoncé un complot "organisé à l'intérieur et à l'extérieur" du pays.

Tout au long de la journée, il a multiplié les discours télévisés devant des foules de partisans réunis par son Parti de la justice et du développement (AKP) pour occuper l'espace médiatique, un enjeu vital dans l'affrontement qui l'oppose aux manifestants qui défient son autorité.

"Il est essentiel que les autorités s'engagent de manière ouverte et soutenue pour renforcer la démocratie, instaurer la confiance et éviter l'escalade", a insisté Catherine Ashton, qui "reste préoccupée" par la situation dans le pays.

"Notre patience a des limites" (Erdogan)

"Nous restons patients, nous sommes toujours patients mais notre patience a des limites", a déclaré Recep Tayyip Erdogan, qui s'exprimait devant plusieurs milliers de partisans à son arrivée à l'aéroport d'Ankara.

"Nous ne rendrons pas de comptes à des groupes marginaux mais devant la nation (...) la nation nous a amenés au pouvoir et c'est elle seule qui nous en sortira", a-t-il poursuivi devant la foule qui scandait "la Turquie est fière de toi".

"Il faut que la Turquie voie la vraie image d'Ankara, pas celle de ceux qui sèment le désordre", a ajouté le chef du gouvernement en décrivant à nouveau les manifestants comme des "pillards". "S'ils sont perturbés par cette définition, qu'ils aillent vérifier dans le dictionnaire ce que 'pillards' veut dire", a-t-il insisté.

Il a une nouvelle fois donné rendez-vous à ses adversaires aux élections municipales de mars 2014. "Soyez patients encore sept mois au lieu d'occuper (le parc) Gezi (à Istanbul) ou (le parc) Kugulu (à Ankara)", a-t-il lancé. "Vous parlez de démocratie, de libertés et de droits, mais vous ne les obtiendrez pas par la violence mais par la loi".

Intervention musclée de la police turque

Des centaines de policiers anti-émeutes ont utilisé dimanche soir de grandes quantités de gaz lacrymogène et des canons à eau pour disperser une manifestation de plusieurs milliers de personnes dans le centre d'Ankara, a constaté un photographe de l'AFP. Cette dernière confrontation a fait au moins deux blessés.

La police a aussi procédé à des interpellations parmi les manifestants qui se sont enfuis dans les ruelles avoisinantes sous une épaisse fumée de gaz toxique.

Cette intervention musclée sur cette place, pour la deuxième journée consécutive, est intervenue alors que les partisans du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan étaient réunis sur une autre place, à quelques km plus loin, où ils acclamaient l'homme fort du pays venu prononcer un discours, le quatrième depuis qu'il est arrivé dimanche après-midi dans la capitale turque.

Belga avec AFP

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