Turquie: des militants d'une organisation kurde sévèrement condamnés

Abdullah Öcalan, le leader kurde emprisonné, reste très populaire parmi les kurdes de Turquie
Abdullah Öcalan, le leader kurde emprisonné, reste très populaire parmi les kurdes de Turquie - © AFP PHOTO/MUSTAFA OZER

La justice turque a rendu jeudi un premier verdict sévère dans une série de procès visant l'Union des communautés kurdes (KCK), une organisation proche des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

La sixième cour d'assises de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, a infligé des peines de trois mois à dix-sept ans de prison à 40 militants kurdes qu'elle a jugés coupables d'"appartenance à une organisation terroriste".

Les 40 condamnés, tous originaires de la province turque de Sirnak, avaient été arrêtés en 2009 lors d'un vaste coup de filet qui a conduit derrière les barreaux des centaines d'opposants kurdes, des milliers selon les organisations kurdes.

Le jugement rendu jeudi est la premier prononcé dans les procédures ouvertes contre le KCK à l'issue de cette opération.

L'Union des communautés kurdes est une organisation clandestine considérée par les autorités turques comme la branche urbaine du PKK.

Le gouvernement turc accuse le KCK de vouloir se substituer à l'État dans les collectivités des provinces peuplées en majorité de Kurdes du sud-est anatolien en créant une structure administrative parallèle aux institutions officielles.

Plusieurs procès sont en cours dans différentes villes turques et visent les différentes vitrines présumées de l'organisation (médias, cabinets d'avocats ou partis politiques).

Confirmation de négociations avec A. Öcalan

Ce verdict intervient alors qu'un proche conseiller du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a confirmé lundi l'existence de négociations entre les services secrets turcs et le chef emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, en vue d'un désarmement des rebelles.

"Ce sont les services de renseignement qui sont en pourparlers avec lui. L'objectif est le désarmement du PKK. Tout dialogue en ce sens qui peut aboutir à un arrêt des violences est soutenu par le gouvernement", a déclaré ce conseiller, Yalçin Akdogan.

Le conflit kurde en Turquie a fait plus de 45 000 morts depuis le début de l'insurrection du PKK en 1984, selon l'armée turque.


Belga

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