Turquie: Ankara juge "illégal" l'appel à la grève générale et menace de sévir

Manifestants à l'assaut d'un canon à eau de la police le 16 juin 2013 à Ankara
Manifestants à l'assaut d'un canon à eau de la police le 16 juin 2013 à Ankara - © Adem Altan

Le ministre turc de l'Intérieur Muammer Güler a jugé lundi "illégal" l'appel à la grève générale lancé par de deux grands syndicats d'ouvriers en soutien de la contestation antigouvernementale, affirmant que toute manifestation serait réprimée.

"Il y a une volonté de faire descendre les gens dans la rue par des actions illégales comme un arrêt de travail et une grève", a dit Muammer Güler à la presse à Ankara, ajoutant que les forces de l'ordre "ne le permettront pas".

Un collectif de syndicats, dont deux grandes centrales d'ouvriers et de fonctionnaires (DISK et KESK) qui regroupent près de 700 000 membres, ont lancé un appel à un arrêt de travail pour lundi.

"Il est impossible de comprendre l'insistance à poursuivre les manifestations" qui secouent depuis plus de deux semaines les grandes villes de Turquie, notamment Istanbul et Ankara, a indiqué le ministre. Les syndicats ont prévu de se réunir à 16H00 locales (15H00 heure belge) à Istanbul et de défiler jusqu'à la place Taksim, bouclée désormais par la police.

Par ailleurs, la police turque a arrêté près de 600 personnes dimanche à Istanbul et Ankara dans les manifestations antigouvernementales qui secouent la Turquie depuis plus de deux semaines, a-t-on appris lundi des barreaux de ces deux villes.

"Environ 460 manifestants ont été interpellés par la police à Istanbul hier (dimanche)", a souligné un responsable du barreau d'Istanbul sous couvert d'anonymat. Après leur interrogatoire, ces personnes seront remises en liberté ou déférés devant un procureur, a-t-il souligné.

A Ankara, autre théâtre d'affrontements, "entre 100 et 130 personnes ont été interpellées" dimanche, a précisé une responsable du barreau de la capitale. La police peut procéder à quatre jours de garde à vue, selon la loi turque.

AFP