Tunisie: Médenine, ville d'accueil pour les migrants sauvés en mer Méditerrannée

Tunisie: Médénine, ville d'accueil pour les migrants sauvés en mer Méditerrannée
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Tunisie: Médénine, ville d'accueil pour les migrants sauvés en mer Méditerrannée - © Tous droits réservés

Depuis début juin, 75 migrants patientent sur un le pont d’un navire à 25 kilomètres des côtes tunisiennes. Un bateau égyptien a secouru l’embarcation des migrants partie des côtes libyennes. Les autorités tunisiennes font ce que l’Italie et Malte font depuis un an : blocage. Parmi les rescapés, une majorité de Bangladais, neuf Égyptiens, un Marocain et un Soudanais. Au moins 32 enfants et mineurs non accompagnés sont à bord.

Médenine obligée de faire de la résistance

En Tunisie, c’est dans la ville de Médenine – à quelques kilomètres de la frontière libyenne - que sont pris en charge les migrants sauvés en mer ou qui fuient la Libye par le désert. Le seul centre d’accueil du pays se trouvent dans cette petite ville. Ce serait son gouverneur qui serait notamment contre le débarquement des 75 migrants. Est-ce signe de mauvaise volonté ? pas forcément. Il faut comprendre ce refus comme un appel à l’aide.

Médenine se situe à une centaine de kilomètres à peine de la frontière libyenne. Les migrants qui fuient l’esclavage, la torture et la guerre désormais à Tripoli trouvent refuge ici. Ceux qui sont interceptés ou sauvés en mer ? Pareil. Médenine fait de la résistance parce que ses centres d'accueil débordent. Mongi Slim est le responsable du croissant rouge tunisien pour la région. Il ne s’arrête jamais. Son téléphone sonne sans cesse. " Nous sommes inquiets ! " résume-t-il. 

Oui, il souhaiterait accueillir les migrants bloqués pour l’heure en mer, mais où les loger ? Comment les prendre en charge alors qu’" à l’heure actuelle, les centres sont déjà surexploités. Les migrants, faute de place, dorment dans les couloirs. Notre centre de la route de Djerba ne peut contenir que 100 personnes et il y en a 200 !".

Camps de fortune

La place manque mais la nourriture et les soins également. Ici, on fonctionne à flux tendu depuis longtemps. Mais la guerre en Libye vient encore compliquer la situation. Les migrants sont plus nombreux à venir échouer à Médenine. Sur place, ils ne peuvent bénéficier d’un toit que 60 jours.  Après. Pas le choix, ils doivent faire la place aux nouveaux arrivants.

Après avoir été vendue et condamnée à travailler comme esclave en Libye, cette jeune femme qui s’exprime sous couvert d’anonymat ne peut s’empêcher de pleurer. Violée à plusieurs reprises en Libye, elle craint d’avoir contracté le VIH. " Ici, nous sommes à l’abri, mais nous ne pouvons pas faire d’examen médicaux ou recevoir de traitements. "

Bras de fer

En refusant de nouveaux migrants, la Tunisie veut montrer à l’Europe qu’on ne peut lui déléguer la responsabilité des migrants sauvés en Méditerranée.  " La Tunisie n’a pas de quoi s’occuper de sa propre population. Comment pourrait-elle prendre en charge de manière adéquate plus de migrants ! " La société civile tunisienne condamne cette Europe qui exerce une pression sur l’Afrique du Nord.

Il y a un an, l’UE évoquait des plates formes de débarquement sur cette rive de la Méditerranée. Cela avait provoqué un tollé. Une petite phrase d’un responsable du ministère de l’intérieur qui s’exprime sous couvert d’anonymat résonne pour justifier le refus de les accueillir : " ils veulent l’être par un pays européen " dit-il.  En attendant 75 migrants dont 32 mineurs doivent patienter en mer. 

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