Tunisie: le parti islamiste Ennahda renonce aux ministères régaliens

Rachid Ghannouchi (à droite) lors de la désignation du nouveau premier ministre tunisien, jeudi 21 février
Rachid Ghannouchi (à droite) lors de la désignation du nouveau premier ministre tunisien, jeudi 21 février - © FETHI BELAID - AFP

Les islamistes d'Ennahda renoncent à contrôler les ministères régaliens dans le gouvernement tunisien en cours de formation et acceptent de les confier à des indépendants, cédant à une revendication clé de la classe politique, a annoncé mercredi le chef du parti Rached Ghannouchi.

"Nous confirmons la 'neutralisation' des quatre ministères de souveraineté, le ministère de l'Intérieur y compris sera sous une personnalité hors des partis politiques", a-t-il déclaré à l'antenne de la radio Kalima, évoquant l'annonce du nouveau cabinet "à la fin de la semaine".

Actuellement, Ennahda dirige les ministères de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères. Le quatrième, celui de la Défense, est déjà contrôlé par un indépendant, Abdelkarim Zbidi, qui est en fonction depuis janvier 2011 et la révolution qui a fait chuter le régime de Zine El Abidine Ben Ali.

Le parti islamiste cède ainsi à une revendication exprimée par la quasi-totalité de l'opposition et de ses partenaires laïques au gouvernement, Ettakatol et le Congrès pour la République du président Moncef Marzouki.

Selon Rachid Ghannouchi, le nouveau gouvernement sera formé par "cinq ou six partis", contre trois actuellement.

Il a ainsi indiqué, qu'outre l'alliance en place depuis fin 2011, le mouvement Wafa - formé de dissidents du CPR - le bloc parlementaire Liberté et Dignité - de tendance islamiste - et l'Alliance démocratique - composé de dissidents d'un parti d'opposition - pourraient rejoindre le cabinet.

L'actuel ministre de l'Intérieur, l'islamiste Ali Larayedh, a été chargé en fin de semaine dernière de former un nouveau gouvernement après la démission d'Hamadi Jebali face aux refus de son parti Ennahda de constituer un cabinet de technocrates.

Il avait avancé cette idée le jour de l'assassinat de l'opposant anti-islamiste Chokri Belaïd, estimant qu'il s'agissait du seul moyen pour sortir la Tunisie de la paralysie politique et de juguler l'essor de la violence.


Belga

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