Tunisie: l'atteinte au sacré ne sera pas reprise dans la Constitution

le président de l'Assemblée nationale constituante tunisienne, Mustapha Ben Jaafar, le 6 septembre 2012 à Vienne
le président de l'Assemblée nationale constituante tunisienne, Mustapha Ben Jaafar, le 6 septembre 2012 à Vienne - © Dieter Nagl

La criminalisation de l'atteinte au sacré ne sera pas inscrite dans la future Constitution tunisienne, a déclaré à l'AFP le président de l'Assemblée nationale constituante, Mustapha Ben Jaafar, au sujet de cette revendication clé des islamistes qui dirigent le gouvernement.

"Il n'y aura pas de criminalisation (ndlr: de l'atteinte au sacré), bien sûr", a assuré M. Ben Jaafar, dont le parti de centre-gauche Ettakatol est allié aux islamistes d'Ennahda.

"Ce n'est pas parce que nous sommes d'accord avec les atteintes au sacré, mais parce que le sacré est très très difficile à définir. Ses contours sont flous et on peut l'interpréter dans un sens ou dans l'autre, d'un excès à l'autre", a souligné le président de l'ANC.

Selon lui, le parti islamiste d'Ennahda auquel il est allié va accepter cette position, bien que le concept d'atteinte au sacré soit au coeur de son programme politique.

"Il nous arrive de discuter au sein de la troïka (ndlr: la coalition tripartite au pouvoir) et on sent qu'il y a une disposition (chez Ennahda) à faire évoluer les opinions, à faire bouger les lignes", a-t-il dit.

Le projet de criminaliser l'atteinte au sacré, annoncé en juillet par Ennahda, a déclenché une levée de bouclier dans les médias et la société civile, qui y voient une porte ouverte à des restrictions aux libertés d'expression et de la presse.

Les islamistes avaient indiqué vouloir inscrire ce principe dans la Constitution et dans le code pénal, pour en faire un crime passible de prison ferme.

AFP

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