Tunisie: l'armée s'est retirée jeudi de la capitale

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Manifestants et policiers s'opposent en ce moment dans le centre de Tunis. Les premiers jetant des pierres la police répliquant par des gaz lacrymogènes. La situation reste très critique. De violents affrontements ont fait un mort, cette nuit.

Des centaines de passants, et beaucoup d'adolescents parmi eux, sont réunis ce matin pour commenter l'événement de la nuit dans le quartier de Soutra, la grande banlieue de la capitale. Devant eux, une grande surface incendiée hier soir par des jeunes manifestants. Aux abords de ce Monoprix, l'administration communale a fait retirer ce matin les vasques de fleurs encore intactes.

Hier soir, bravant le couvre-feu, des jeunes se sont servis de morceaux de béton pour détruire les vitrines épaisses du magasin dont le contenu a été partiellement incendié. L'un des responsables du magasin nous a dit que la police était arrivée tard hier soir sur les lieux de la manifestation qui s'est tenue malgré l'interdiction de sortir en rue.
Cet incident est loin d'être isolé. Ils alimentent la détermination des jeunes protestataires mais aussi les rumeurs ; elles s'accumulent et renforcent l'audace des manifestants.

La présidente de la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH), Souhayr Belhassen, a affirmé jeudi détenir une liste nominative de 66 personnes tuées depuis le début des troubles en Tunisie mi-décembre, dont 8 dans la nuit dans la banlieue de Tunis, dénonçant "un massacre qui continue".

Steven Van Ackere quelque peu "rassuré"

Le vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, a lancé jeudi un appel au respect des droits de l'homme et à la retenue dans l'usage de la force. "Seul le lancement d'un dialogue portant sur les aspirations qui se sont exprimées permettra d'arriver à un apaisement", a affirmé le chef de la diplomatie belge dans un communiqué.

Steven Vanackere a ajouté partager l'inquiétude de la haute représentante de l'Union européenne pour la politique extérieure, Catherine Ashton, au sujet des événements de ces derniers jours en Tunisie. "Au nom du gouvernement belge, il se rallie pleinement à la déclaration faite lundi par Mme Ashton", ajoute le texte.

Le ministre a rappelé l'importance des engagements de la Tunisie dans le domaine des droits de l'homme et des droits fondamentaux dans le cadre de la coopération entre la Tunisie et l'Union européenne.

Steven Vanackere s'est dès lors dit "quelque peu rassuré" par l'entretien entre son homologue tunisien, Kamel Morjane, et le nouvel ambassadeur de Belgique à Tunis, Patrick De Beyter, lors duquel le ministre tunisien a reconnu la gravité de la situation actuelle et déploré les victimes mortelles, tout en formulant l'espoir que le calme revienne le plus vite possible.

De cet entretien est notamment ressortie la volonté des autorités tunisiennes de prendre à bras le corps une des causes des manifestations, à savoir le taux de chômage élevé dans le pays, conclut Steven Vanackere.


Willy Vandervorst à Tunis et T.N. avec Belga

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