Tulum au Mexique : une fin d'année sous le signe des festivals de super contagion

Le festival Art With Me : "impossible de maintenir les distances"
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Le festival Art With Me : "impossible de maintenir les distances" - © artwithme.org

Dans la station balnéaire de la Riviera Maya, le secteur touristique craint la mauvaise publicité engrangée par les festivals de musique électronique et les raves clandestines.

À Tulum, paradis du tourisme éco-chic, à deux heures de route au sud de Cancún, les festivals de musique électronique sont devenus une tradition de fin d’année. Ses plages baignées par les eaux turquoise de la mer des Caraïbes et sa jungle foisonnante, qui abrite des cénotes et des ruines mayas, offrent un cadre idyllique pour ces fêtes, qui attirent un nombre important de visiteurs venus des Etats-Unis.

En novembre, le festival de musique, bien-être et gastronomie Art With Me a provoqué une centaine de contagions au Covid-19 parmi des voyageurs testés à New York à leur retour de Tulum. Alors que la pandémie atteignait des niveaux record au Mexique, les vidéos circulant sur les réseaux sociaux mettent en évidence le non-respect des mesures sanitaires de rigueur : peu de masques et aucune distance dans l’assistance lors des soirées animées par les DJ.

Suite à ce petit scandale, les organisateurs de Art With Me avaient déclaré qu’ils regrettaient amèrement de ne pas avoir annulé l’événement.

Impossible de maintenir les distances

"Il est impossible de demander aux gens de maintenir leurs distances lors de fêtes de ce type", estime David Ortiz Mena, le président de l’Association des hôtels de Tulum. D’ailleurs, suite au fiasco sanitaire provoqué par le festival Art With Me, les autorités locales ont interdit tous les rassemblements sur la plage et autres célébrations festives de fin d’année.

Avec ou sans Covid, les entrepreneurs locaux considèrent que les festivals de musique électronique contribuent à ternir l’image de Tulum. Avec ses petits hôtels boutique, ses séances de yoga et de méditation sur la plage, l’endroit incarne le contre-pied parfait de Cancún, un lieu qui n’est pas destiné au tourisme de masse et qui est censé attirer un public relativement sélect. Mais Tulum semble aujourd’hui victime de son succès…

À quelques jours du Nouvel An, le Festival Zamna a dû se plier aux consignes officielles et annuler tous les sets de DJ prévus du 31 décembre au 16 janvier. Mais un grand nombre de personnes, ayant déjà acheté leurs billets et réservé leur voyage, s’organisent par le biais des réseaux sociaux pour braver l’interdiction et se retrouver lors d’une rave clandestine dans la jungle de Tulum.

"Même sans Covid, Tulum peut se passer de ces fêtes, qui ne sont pas sans conséquences", juge David Ortiz Mena. "En 2019 par exemple, Tulum a reçu trop de visiteurs et la localité ne dispose pas des infrastructures ni des installations hôtelières suffisantes pour recevoir autant de monde".

Car même si ces festivals se parent d’un vernis écologique et mettent en avant la connexion avec la nature et la préservation des écosystèmes par les Mayas, ils drainent une foule considérable sur un site encore relativement préservé, qui n’est pas préparé pour encaisser l’impact environnemental de ces milliers de visiteurs.

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