Tuerie en Haute-Savoie: une seule arme a été utilisée

Tuerie en Haute-Savoie: l'enquête suspendue aux lèvres de la fillette de 7 ans
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Tuerie en Haute-Savoie: l'enquête suspendue aux lèvres de la fillette de 7 ans - © PHILIPPE DESMAZES (AFP)

Une seule arme a été utilisée dans la tuerie, mercredi, de Chevaline dans les Alpes françaises, qui a coûté la vie à quatre personnes, a indiqué lundi une source proche de l'enquête, confirmant une information de la chaîne de télévision M6.

Près de 25 douilles avaient été retrouvées sur la scène du massacre, laissant supposer dans un premier temps que plusieurs armes avaient été utilisées pour tuer trois membres d'une famille britannique et un cycliste français. Deux fillettes ont réchappé au crime.

L'arme utilisée est un pistolet automatique de calibre 7,65 mm, un calibre moyen considéré comme ancien par des experts et ne correspondant pas à un armement moderne.

La conclusion d'une seule arme résulte des premiers examens balistiques, réalisés au microscope, et qui doit encore être approfondie et formellement confirmée.

Le témoignage d'une fillette de 7 ans

Zainab, 7 ans, seul témoin à pouvoir peut-être décrire la scène de la tuerie de Chevaline, est sortie dimanche du coma artificiel, tandis que sa soeur Zeena, 4 ans, est rentrée au Royaume-Uni, où leur oncle était interrogé comme témoin pour le deuxième jour consécutif.

Pendant ce temps, les policiers britanniques, sous la supervision de gendarmes français envoyés sur place, ont repris dès l'aube et pour la journée la perquisition de la vaste maison familiale des al-Hilli à Claygate, dans le comté du Surrey, à une quarantaine de kilomètres au sud de Londres. 

La coopération est "sans heurts" et marche "très bien" entre les services des deux pays, a commenté un porte-parole de la police du Surrey, remarquant que cette affaire "est intéressante en ce qu'il n'est pas habituel que nous ne suivions pas nos propres procédures, ne fournissant ici qu'une assistance".

Le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud a expliqué dimanche que Zainab "est sous sédatifs et n'est donc toujours pas audible". Quand elle ira mieux, elle sera interrogée par des policiers spécialisés dans le témoignage des enfants.

La personne de nationalité suédoise est la grand-mère maternelle

La personne âgée, de nationalité suédoise, décédée dans la tuerie est la grand-mère maternelle des deux fillettes rescapées, a indiqué lundi Eric Maillaud.

"Nous avons confirmé qu'il s'agit de la grand-mère maternelle grâce à des éléments recueillis en Grande-Bretagne", notamment des déclarations de l'entourage des victimes, a déclaré le magistrat, précisant que des analyses ADN interviendraient plus tard. Cette femme résidant en Suède est d'origine irakienne.

Zainab, sept ans, la clef du mystère?

Outre ses blessures et la terreur sans doute ressentie au moment des faits, Zainab a perdu ses deux parents, Saad et Iqbal al-Hilli, dans la tuerie. Une femme plus âgée, la grand-mère, est morte aussi, ainsi qu'un cycliste français. Tous ont reçu de multiples balles, dont deux dans la tête pour chacun.

Zeena, qui s'était cachée sous les jambes de sa mère dans la voiture et a été retrouvée dans la même position par les enquêteurs huit heures plus tard, est pour sa part rentrée en Grande-Bretagne "à l'heure du déjeuner", selon Eric Maillaud, accompagnée de membres de sa famille dont il n'a pas donné les noms. La fillette a entendu la tuerie mais n'a rien vu.

Pendant ce temps, Zaid al-Hilli, le frère de leur père Saad, a été entendu toute la journée de dimanche comme témoin par les policiers du Surrey, agissant pour le compte des gendarmes français. Cette audition avait commencé samedi. Zaid al-Hilli a passé la nuit "libre", ni dans les locaux de la police ni chez lui, "en raison de la présence de la presse", a précisé une source proche de l'enquête.

Rumeur?

Les enquêteurs souhaitent élucider la rumeur d'un différend d'ordre financier, qui aurait opposé les deux frères. Zaid al-Hilli s'était de lui-même présenté à la police britannique dès le lendemain de la fusillade, pour se défendre de toute implication.

Interviewé par le journal dominical Sunday Telegraph, un cousin des deux frères vivant en Australie, Ali al-Hilli, a assuré que Zaid "était en état de choc", "anéanti", après l'annonce de la mort de ses proches. "Il n'arrêtait pas de répéter: 'pourquoi, pourquoi, pourquoi? Comment ça a pu arriver?'", a déclaré ce cousin.

Zaid al-Hilli travaille selon le journal depuis plus de dix ans pour Burhill Group Ltd, un groupe qui possède notamment des golfs et des biens immobiliers.

Ali al-Hilli, dont la famille a quitté l'Irak pour des raisons politiques un an avant celle de Saad al-Hilli, décrit Zaid comme plus calme que son frère, qui était "plus énergique". Il a démenti l'hypothèse d'une "fortune" familiale qu'aurait laissée leur père Kadhim, mort en Espagne l'an dernier, et a dit ne pas être au courant d'une dispute entre les deux frères.

Dimanche, les gendarmes de la section de recherches de Chambéry ont fait une nouvelle enquête de voisinage près des lieux de la tuerie et dans les campings proches, afin de recueillir des témoignages permettant "d'affiner très précisément l'emploi du temps" de la famille al-Hilli le jour du drame, selon le commandant de la section de Chambéry, le lieutenant-colonel Benoît Vinnemann.

AFP

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