Trump, un an après: "Donald Trump casse tous les codes de la diplomatie"

Le président américain, Donald Trump, "casse tous les codes de la diplomatie", analyse Amine Ait-Chaalal, professeur en relations internationales à l'Université catholique de Louvain (UCL), à l'issue de la première année de présidence du républicain. En marquant son désaccord avec certains de ses alliés publiquement, l'ancien homme d'affaires et ex-star de la télé-réalité se distancie des traditions en vogue à ce niveau de pouvoir.

De quoi "crisper la situation"

La gestion de quelques dossiers internationaux a démontré que Donald Trump ne se conforme pas aux traditions diplomatiques. "Ses propos et décisions vis-à-vis du Pakistan démontrent une façon d'agir étonnante en diplomatie", pointe Amine Ait-Chaalal. Début janvier, l'ambassadeur américain au Pakistan avait été convoqué, un geste rare, après un tweet du président remettant en cause l'aide financière accordée par les Etats-Unis à ce pays qu'il accuse de ne pas agir suffisamment contre le terrorisme.

"D'habitude, lorsque l'on est en désaccord avec un allié, on lui dit en privé. Ici, (Donald Trump) utilise des tweets et des déclarations publiques. Il casse tous les codes de la diplomatie. Est-ce productif? L'avenir le dira mais pour le moment, cela crispe plus la situation."

Même chose avec sa décision de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël. "Cela entre en contradiction avec une série de résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu, qui a d'ailleurs désapprouvé la décision américaine, (...) et avec à peu près tous les textes de droit international. C'est aussi en contradiction avec la politique menée par tous les présidents des Etats-Unis - républicains et démocrates - depuis le début du conflit israélo-palestinien", note le professeur en relations internationales. "Si le but était de relancer le processus de paix, c'est une méthode très insolite. Lorsqu'on est dans la position (...) du médiateur, le but est justement de ne pas prendre parti de manière trop flagrante. Ici, Donald Trump a bouleversé l'équilibre (...). Ce n'est pas forcément une bonne chose pour la paix et la stabilité de la région."

Politique de rupture

Avec sa politique de rupture, le président américain "envoie des messages à sa base électorale", analyse le professeur de l'UCL. Du point de vue de sa politique intérieure, Donald Trump commence d'ailleurs à réaliser une partie de son agenda, notamment avec sa réforme fiscale approuvée récemment, note Amine Ait-Chaalal. Il a également obtenu la nomination de plusieurs juges, dont un à la Cour suprême. "Ce n'est pas anodin car une série de mesures prises par M. Trump, comme son décret anti-immigration, se sont vues bloquées par les tribunaux", rappelle-t-il.

Obtient-il toutefois les faveurs d'une majorité d'Américains? Selon les derniers résultats de l'institut de sondage Gallup, 55% des Américains interrogés désapprouvent l'action du président, contre 40% qui l'approuvent. Sa popularité remonte, après avoir chuté à 33% seulement d'Américains qui le soutenaient mi-décembre.

Toutefois, le véritable test sera lors des élections de mi-mandat organisées en novembre prochain, estime le professeur en relations internationales. L'intégralité de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat seront renouvelés, soit "un test grandeur nature. La campagne donnera une indication claire de la capacité de l'administration à rebondir. (...) Ces élections montreront si le parti républicain arrive à se coaliser", conclut Amine Ait-Chaalal.

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