Trump remet en cause l'accord nucléaire iranien: quels sont les enjeux?

Le 14 juillet 2015 est une date historique: l’Iran et six grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France et l'Allemagne) posent devant les caméras à Vienne où ils ont conclu un accord sur le nucléaire iranien. L'accord comprend plusieurs engagements.

  • Encadrer l’enrichissement d’uranium et la production de plutonium, indispensables à la fabrication d’une arme atomique;
  • Renforcer les inspections des installations iraniennes par l’AIEA, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique;
  • Lever les sanctions afin de relancer l’économie iranienne;
  • Et enfin, maintenir l’embargo sur l'importation d'armes.

Le but de l'accord est de surveiller le programme nucléaire de l'Iran afin que le pays ne développe pas l'arme atomique. Par contre, l’accord ne met pas fin au développement du nucléaire civil iranien pour la production d'électricité.

Il aura fallu douze années pour arriver à cet accord. En 2003, les discussions avaient commencé sur des bases très tendues. Les négociations longues et difficiles ont abouti à un accord salué par toutes les parties impliquées en 2015.

Que va décider Donald Trump?

Mais depuis le début de sa campagne électorale, Donald Trump critique cet accord. Le 19 septembre dernier, à l’Assemblée générale de l’Onu à New-York, il a affirmé que "L'accord sur le nucléaire iranien est l'un des pires et des plus déséquilibrés."

Donald Trump est censé certifier tous les trois mois au Congrès que l'Iran respecte ses engagements. Cette semaine, il pourrait refuser de le faire, et ainsi ouvrir la voie à de nouvelles sanctions économiques à l’encontre de l’Iran. L'Arabie Saoudite et Israël, ennemis jurés de l'Iran, poussent même le président américain à se retirer de l'accord. Le président Trump doit annoncer sa décision aujourd'hui à 18h45. Il a affirmé ces derniers jours qu'il avait déjà décidé ce qu'il voulait faire.

La communauté internationale ne peut pas se permettre de démanteler un accord qui fonctionne et fait ses preuves

Mais les autres grandes puissances tentent par tous les moyens de le dissuader de dé-certifier l'accord. Pour Federica Mogherini, Cheffe de la diplomatie européenne, "la communauté internationale ne peut pas se permettre de démanteler un accord qui fonctionne et fait ses preuves." Selon Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, "Ce programme est un des accomplissements les plus importants de la communauté internationale." La Chine, via la voix de Hua Chunying, porte-parole du ministre des Affaires étrangères, considère que "Cet accord a joué un rôle important et positif pour assurer la non-prolifération nucléaire et la protection de la paix et la sécurité au Moyen-Orient."

Le président iranien Hassan Rohani affiche dans cette crise une posture modérée. Mais si les Etats-Unis fragilisent l'accord et décident de nouvelles sanctions, cela pourrait ouvrir une nouvelle période d'incertitude et de déstabilisation au Moyen-Orient. Et si les Américains sortent de cet accord, l'Iran serait à nouveau libre de développer l'arme atomique... alors que les tensions mondiales autour du nucléaire sont déjà particulièrement ravivées avec la Corée du Nord.

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