Trump président: plus d'un million de manifestants lors de la Women's March

Bonnets roses sur la tête, des centaines de milliers de personnes, femmes surtout, ont participé samedi aux Etats-Unis aux "Marches des femmes" organisées pour la défense des droits civiques et contre le président Donald Trump investi la veille.

La manifestation, née d'un simple appel sur Facebook émanant d'une grand-mère, Teresa Shook, et organisée le lendemain de l'investiture du républicain, témoigne à elle seule de la fracture de la société américaine.

L'estimation de participation relevée 

Dans la capitale, où avait lieu le plus grand rassemblement, 275 000 voyageurs avaient pris le métro en fin de matinée, soit 50% de plus que pour l'investiture de Donald Trump la veille à la même heure, selon l'autorité de transport WMATA.

Les organisateurs ont en outre relevé leur estimation de participation de 200 000 à 500 000 personnes, selon le maire adjoint de Washington, Kevin Donahue.

 

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Début de la women's March à Washington © Nicolas Willems
Début de la Women's March à Washington © Nicolas Willems
La marche des femmes à Washington © Nicolas Willems

La foule était particulièrement compacte sur Independence Avenue à Washington où des centaines de milliers de personnes ont marché jusqu'aux abords de la Maison Blanche.

L'ancien secrétaire d'Etat John Kerry, qui a quitté ses fonctions vendredi, figurait parmi les manifestants.

Donald Trump n'aurait rassemblé qu'un tiers de la foule qu'il y avait pour Obama

La mobilisation pour Donald Trump "était vraiment faible. Ça ne ressemblait pas du tout à l'investiture d'Obama où le pays tout entier était sincèrement heureux", a souligné Kathy Small, une professeur de 67 ans venue d'Arizona.

Donald Trump n'aurait réussi à rassembler qu'environ un tiers de la foule qui avait acclamé Barack Obama en 2009 (1,8 million de personnes), selon un expert cité par le New York Times.

Plusieurs autres manifestations avaient également lieu à Boston, New York (nord-est), Denver (ouest) ou Los Angeles (ouest), où 150.000 personnes étaient attendues.

A Chicago (nord), la marche s'est transformée en rassemblement compte tenu de l'affluence et réunissait quelque 250 000 personnes, selon les organisateurs.

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Trump président, J+1: des centaines de milliers de manifestants pour la Women's March © Tous droits réservés

Pussy hats, symbole de l'opposition

Plusieurs personnalités sont venus soutenir la marche de Washington. "Je ne pense pas que (Trump) ait accédé au pouvoir. Le pouvoir est ici", a lancé le cinéaste Michael Moore. "Je (vous) respecte (Donald Trump) mais je demande que vous me souteniez, moi, ma soeur, ma mère", a ajouté l'actrice Scarlett Johansson.

Beaucoup de manifestants portaient des bonnets roses à oreilles de chat ("pussy hats"), devenus le symbole de l'opposition à Donald Trump.

Le terme "pussy" désigne en anglais l'animal domestique, ou le sexe féminin. C'est ce mot que Donald Trump avait utilisé dans une vidéo qui avait fait scandale en octobre, où il se vantait de pouvoir "attraper" les femmes "par la chatte".

Le nouvel homme le plus puissant du monde n'a pas réagi à cet événement, mais a tweeté qu'il était "honoré de vous servir, le grand peuple d'Amérique, en tant que 45e président des Etats-Unis".

Donald Trump a assisté samedi matin à la cathédrale nationale de Washington à un office oecuménique.

Puis la famille présidentielle a joué au bowling à la Maison Blanche, a indiqué sur Twitter le fils du nouveau président, Donald Jr.

Mobilisation mondiale

De nombreuses "marches des femmes" se déroulaient en parallèle dans le monde entier. A Berlin, Sydney, Rome, Paris ou encore Londres, des milliers d'hommes et femmes ont défilé pour manifester contre Donald Trump.

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Women's March à Paris © ERIC FEFERBERG - AFP
Women's march à Sydney © ANDREW MURRAY - AFP
Women's March à Londres © BEN STANSALL - AFP

L'appel d'une grand-mère d'Hawaï

Cette "Marche des femmes", principale manifestation prévue samedi, trouve sa genèse dans un simple appel posté sur Facebook qui a fait tache d'huile. Il émane d'une grand-mère, Teresa Shook, avocate à la retraite vivant jusque-là dans un anonymat paisible à Hawaï.

Le cinéaste Michael Moore, l'actrice Scarlett Johansson ou la militante des droits civiques Angela Davis sont quelques-unes des célébrités qui s'exprimeront. Les chanteuses Katy Perry et Cher soutiennent cette initiative.

Les organisateurs auront à coeur de se montrer en nombre et dans le calme, après les violences de vendredi dans quelques rues de la capitale, qui ont conduit à l'interpellation de plus de 200 personnes.

"The Pussyhat project"

Près de 225.000 personnes avaient confirmé vendredi leur intention de participer à la marche.

Certains signes présagent une forte mobilisation, comme les 1.200 autocars ayant demandé un permis de stationnement, ou l'ampleur prise par l'initiative sur les réseaux sociaux (#WhyImarch, #womensmarch, #NotMyPresident...).

La "Marche des femmes" est aussi soutenue par des dizaines d'organisations progressistes en opposition frontale avec Donald Trump: défenseurs des droits civiques, des immigrés, des musulmans, du droit à l'avortement ou des drogues douces... des écologistes, féministes, pacifistes, homosexuels, Noirs et Amérindiens, bref un melting-pot de citoyens inquiets. Sans compter le soutien d'Amnesty International et de Planned Parenthood, le plus grand réseau de planning familial du pays.

Une initiative baptisée "Pussyhat Project" fédère des adeptes du tricot et du crochet qui ont confectionné des chapeaux de maille rose avec des oreilles de chat pour les manifestantes. Le terme "pussy" désigne en anglais l'animal domestique, ou le sexe féminin, Donald Trump ayant été filmé employant ce terme vulgaire dans une vidéo qui avait suscité l'indignation durant la campagne électorale.

Les organisatrices annoncent environ 300 "marches sœurs" dans d'autres villes des Etats-Unis dont New York, Boston, Los Angeles et Seattle, ainsi qu'au-delà des frontières américaines. Des poètes et écrivains dans une trentaine d'Etats d'Amérique et plusieurs villes du globe ont eux annoncé des lectures publiques en dénonciation de Donald Trump.

Jamais une telle défiance envers un nouveau président

Dans son discours d'investiture vendredi au Capitole, Donald Trump a donné le ton de son mandat: résolument populiste, de tendance nationaliste et en rupture implacable avec son prédécesseur, Barack Obama.

Son premier décret, signé vendredi soir dans le Bureau ovale à la Maison Blanche devant les caméras de télévision, s'inscrit dans cette volonté: il ordonne à son administration de libérer autant que possible les acteurs du système de santé des obligations de la réforme du système de santé dite "Obamacare", détestée des conservateurs pour son coût et sa lourdeur.

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