Trump plus circonspect sur un accord commercial avec la Chine

Les présidents américain Donald Trump et chinois Xi Jinping, le 1er décembre 2018 à Buenos Aires
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Les présidents américain Donald Trump et chinois Xi Jinping, le 1er décembre 2018 à Buenos Aires - © SAUL LOEB

Donald Trump s'est montré plus circonspect ce mardi sur les chances de succès des négociations commerciales avec la Chine, lui qui la veille encore évoquait le "grand bond en avant" dans les relations avec Pékin.

Dans une série de tweets, le président a soufflé le chaud et le froid adoptant un ton qui tranchait nettement avec les déclamations optimistes qui avaient suivi le sommet avec le président chinois Xi Jinping samedi à Buenos Aires.

Pour la première fois, Donald Trump a évoqué la possibilité de prolonger la trêve de 90 jours --jusqu'au 1er mars-- qu'il a accordée aux Chinois samedi avant de faire passer de 10 à 25% les taxes douanières sur 200 milliards de dollars de produits chinois importés.

"Les négociations avec la Chine ont déjà commencé. A moins d'être étendues, elles s'arrêteront 90 jours après la date (le 1er décembre, NDLR) de notre merveilleux et très chaleureux dîner avec le président Xi en Argentine", a écrit le président.

Dans les tweets suivants, le ton tranche très nettement avec les superlatifs utilisés par le président juste après le sommet, quand il évoquait "des possibilités illimitées pour la Chine et les Etats-Unis".

Comme ils le lui avaient déjà reproché lors de son sommet en juin avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, nombre d'analystes et d'éditorialistes ont souligné que Donald Trump avait donné sans recevoir grand chose en échange.

Les négociateurs américains devront s'assurer qu'un "VRAI accord est possible avec la Chine. S'il l'est, on le conclura", a insisté le président.

"Je suis l'Homme des tarifs douaniers" pour faire payer ceux qui "pillent la grande richesse de notre Nation", a menacé le président.

Il a une nouvelle fois affirmé que les tarifs douaniers qui frappent déjà 250 milliards de dollars de biens importés de Chine, en plus ce ceux sur l'acier et l'aluminium, rapportaient des milliards de dollars à l'état fédéral. Une thèse qu'il a ponctuée d'un tonitruant: "ENRICHISSONS DE NOUVEAU L'AMERIQUE".

Nombre d'économistes soulignent que, de fait, ce sont les consommateurs américains qui supportent une bonne partie du surcoût de ces tarifs douaniers parce qu'ils sont répercutés dans le prix des produits.

Promesse d'achats

En échange de la trêve accordée par le président américain, les Chinois ont notamment accepté d'acheter davantage de produits américains et de réduire le déficit commercial énorme (autour de 335 milliards de dollars) qui hérisse tant l'occupant de la Maison Blanche.

Mais Pékin est resté vague sur le calendrier et sur les montants.

Selon Donald Trump, qui avait estimé que l'engagement de la Chine allait avoir "un impact incroyablement positif" pour les fermiers américains, ces achats doivent commencer "tout de suite".

Les mesures de rétorsion chinoises, ciblées pour avoir un impact politique maximal sur l'électorat de Donald Trump frappe durement les agriculteurs et en particulier les cultivateurs de soja. Mais en attendant plus de détails, les représentants du monde agricole restent circonspects.

"On n'a ni chiffre, ni calendrier" sur les promesses annoncées, remarquait lundi David Salmonsen, spécialiste du commerce pour le premier syndicat agricole aux Etats-Unis, l'American Farm Bureau.

Le principal conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow a assuré lundi qu'il s'attendait à ce que la Chine lève "rapidement" les taxes douanières sur les produits agricoles.

Les analystes s'accordent à dire que Xi Jingping a pour sa part réussi à gagner du temps et à éviter une pression accrue sur l'économie chinoise, au moment où elle montre de sérieux signes de ralentissement.

Négociations difficiles

Depuis son entrée à la Maison Blanche, Donald Trump s'est lancé dans une offensive contre les pratiques commerciales de la Chine qu'il juge déloyales, comme par exemple le transfert forcé de technologies imposé aux entreprises étrangères ou encore le non respect de la propriété intellectuelle.

Mais il s'agit là de dossiers complexes et sur lesquels les Chinois ne se sont pas engagés à l'issue du dîner.

Le président a souligné que les négociations seraient menées par Robert Lighthizer, le représentant américain au commerce, rompu aux négociations difficiles et surtout un faucon en matière de relations commerciales avec la Chine.

Il "travaillera étroitement" avec le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, Larry Kudlow et le ministre du Commerce Wilbur Ross.

Pour l'heure aucun détail n'a filtré sur le calendrier des négociations, l'endroit où elles se dérouleront et leur teneur précise.

"C'est au tour des équipes de transformer cela en accord réel, avec des objectifs tangibles, des dates, des engagements véridiques", a dit Steven Mnuchin lundi.

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