"Trump met la pression au maximum sur l'Iran pour essayer de le contraindre à renégocier l'accord nucléaire"

Le président américain Donald Trump a annoncé lundi des sanctions "dures" contre le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, et plusieurs hauts gradés des Gardiens de la Révolution. C’est l’un des plus récents épisodes du bras de fer qui se joue ces derniers jours entre l’Iran et les Etats-Unis. Interrogé sur La Première, Vincent Eiffling, spécialiste de l’Iran, chercheur au Centre d’étude des crises et des conflits internationaux rappelle que, "depuis qu’il est arrivé à la Maison Blanche, Donald Trump n’a de cesse de vouloir obtenir un accord meilleur que celui qui avait été obtenu par Barack Obama. Il n’a obtenu aucun résultat donc il augmente de manière continue la pression sur le régime iranien". Y a-t-il pour autant un risque de nouvelle guerre du Golfe ? "Il y a quand même une grande différence entre dire qu’on est prêt à la guerre, et vouloir véritablement la guerre", répond le chercheur.

Sur le terrain, où les militaires américains et iraniens se font face, "le climat actuel génère de la tension qui peut affecter la capacité de jugement et donc la prise de décision des militaires. Donc on n’est pas à l’abri d’un incident entre les forces armées iraniennes et les forces armées américaines, mais ce n’est pas forcément que cette étincelle soit voulue", poursuit-il.

Alors que l’intérêt des Etats-Unis est d’avoir un prix du pétrole stable, "du côté de Téhéran il est probable qu’il y a une volonté d’essayer de perturber le trafic pétrolier dans les eaux du Golfe afin de générer de l’incertitude sur les marchés et ainsi de faire grimper les prix, en mesure de rétorsion contre les sanctions américaines". Pour autant, une hausse du prix du pétrole reste actuellement très hypothétique, selon Vincent Eiffling : "On est loin d’avoir un blocage effectif du détroit d’Ormuz, par lequel transite 40 à 45% des exportations mondiales de pétrole".

Le but des Etats-Unis est-il de changer le régime à la tête de l’Iran ? "Donald Trump a toujours affirmé qu’il n’était pas en faveur d’un tel scénario, et que l’objectif était d’obtenir un 'meilleur deal' que celui qui avait été conclu par Barack Obama". Mais, selon le chercheur, "il n’y a absolument aucune alternative politique viable et légitime au régime actuel en Iran".

Une analogie peut être faite avec le bras de fer entre les Etats-Unis et la Corée du Nord : "On met la pression au maximum sur l’Iran pour essayer de le contraindre à renégocier" l’accord nucléaire.

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