Trump le jusqu'au-boutiste: tous les moyens sont bons?

Trump le jusqu’au-boutiste: tous les moyens sont bons?
2 images
Trump le jusqu’au-boutiste: tous les moyens sont bons? - © MANDEL NGAN - AFP

Il a donné rendez-vous à ses supporters ce mercredi, à Washington. Dernier baroud d’honneur pour Donald Trump, ou bien début d’un véritable séisme des institutions américaines à seulement quelques jours de la date du 20 janvier 2021, à laquelle le président élu, le démocrate Joe Biden, devra prêter serment et endosser sa nouvelle fonction à la tête des États-Unis.

Jusque-là, la situation semble plus critique que jamais. Au fur et à mesure que cette échéance se rapproche, Donald Trump continue à pousser ses partisans à contester les résultats du vote du 3 novembre dernier. Le président multiplie les pressions pour tenter de conserver son poste, malgré le fait que l’issue de l’obligation constitutionnelle de la passation de pouvoir, qui relève d’ordinaire de la simple formalité, ne fait aucun doute.

Donald Trump a, dès les premiers jours qui ont suivi le scrutin, et avant même la fin du long décompte dans plusieurs États, mis en doute la régularité du vote. Dans des tweets incendiaires, il alternait critiques sur le vote par internet, et annonces de victoire – déclarations prématurées puisque les dépouillements étaient encore en cours.

Au cours d'une conférence de presse, à la Maison Blanche le 6 novembre, il a directement accusé les bureaux de vote dans certains États, dont la Pennsylvanie, de cacher des manipulations de votes. Et Donald Trump annonçait déjà la préparation de plusieurs recours en justice.

Actions en justice et appels sur Twitter

Mais la plupart se sont soldés par des échecs. Son équipe légale était menée par l’avocat d’affaires Rudy Giuliani, par l’avocate conservatrice Sidney Powell (qui sera écartée) et par Jenna Ellis, conseillère légale de Donald Trump. La grande partie des recours, portant sur des bulletins perdus, des observateurs empêchés de se rendre dans les bureaux de vote, des voix multiples entre autres, a été retoquée devant les juridictions des États.

Ainsi, en Géorgie, le juge fédéral Timothy Batten, qui avait été nommé par le président George W. Bush, a rejeté une poursuite intentée par l’avocate Sidney Powell. Un tribunal d’appel de Philadelphie n’a mis que quelques jours à rejeter une poursuite du camp Trump, un tribunal critiqué par conseillère Jenna Ellis, comme un "appareil juridique militant".

La Cour suprême n’a pas non plus suivi les arguments présentés par les avocats du président.

Mais Donald Trump ne s’arrête pas là : le président encore en charge multiplie aussi les pressions directes vis-à-vis des gouverneurs des États dans lesquels les votes seraient, selon lui, frauduleux, espérant peser pour que ceux-ci ne certifient pas les résultats de l’élection, des résultats qui devaient être officiellement reconnus par les gouvernements des États le 8 décembre dernier.

Il invite des parlementaires du Michigan à la Maison Blanche dans l’espoir de faire invalider le résultat dans leur État ; il appelle le gouverneur de la Géorgie, Brian Kemp, pour lui demander de convoquer une session spéciale pour renverser l’issue du scrutin ; il appelle le président républicain de la Chambre des représentants en Pennsylvanie… Peine perdue. Les assemblées des États certifient les résultats des élections le 8 décembre.

La loi martiale évoquée, des pressions révélées

Le combat jusqu’au-boutiste de Donald Trump va aussi se matérialiser dans une opposition politique aux décisions du Congrès. Fin du mois de décembre, le président décide de mettre son veto au budget du Pentagone ; un veto retoqué par la Chambre, à une majorité écrasante : 212 démocrates mais aussi 109 républicains ont décidé de le contourner. Auparavant, le président avait refusé de signer une loi d’aide financière aux Américains, arguant que le montant des chèques proposés était trop faible. La Chambre l’a pris au mot : la valeur de ces chèques d’aide sera augmentée de 600 à 2000 dollars.

A court d’arguments et de possibilités d’action, le président Donald Trump et sa garde rapprochée n’hésitent plus à avancer les idées les plus osées comme l’instauration de la loi martiale, ont rapporté plusieurs médias américains. Cette option aurait été évoquée lors d’une réunion vendredi dernier, et a suscité de nombreuses critiques dans la classe politique, malgré une dénégation laconique de Donald Trump sur Twitter.

Donald Trump a même exhorté samedi, au cours d’une exceptionnellement longue conversation téléphonique, le secrétaire d’État de Géorgie, Brad Raffensperger, à revoir les résultats des élections présidentielles dans sa zone, rapporte le Washington Post. Le journal affirme avoir pu se procurer un enregistrement de l’échange, un échange qui soulève des questions légales selon des experts.

En des termes peu équivoques, Trump a exhorté le membre de son parti "à lui trouver suffisamment de voix" et à "recalculer" le résultat. Selon le Washington Post, l’actuel président a tour à tour tenté l’humour, la supplication mais aussi la menace, affirmant que Raffensperger prenait un "grand risque" s’il ne répondait pas à sa demande.

Certification retardée ?

Aujourd’hui, à la veille de la passation de pouvoir, la dernière cartouche de Donald Trump réside donc dans l’organisation de cette manifestation à Washington. Et si certains poids lourds républicains, dont le chef des sénateurs Mitch McConnell, ont fini par admettre la victoire de Joe Biden, le président sortant peut encore compter sur le soutien indéfectible de dizaines de parlementaires. 

A la Chambre comme au Sénat, ces élus ont promis d’exprimer leurs objections ce mercredi, et de faire résonner les allégations de fraude au sein même du Capitole, retardant le processus de quelques jours.

Le Congrès doit en effet certifier, dans une décision finale, les résultats de l’élection présidentielle, nommant Joe Biden 46e président des États-Unis.

Journal télévisé 13H

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK