Trump et les armes: un débat, peu de résultats

Trump et les armes
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Une nouvelle fusillade, dans un bar pour étudiants en Californie, endeuille les Etats-Unis: comme à chacun de ces drames, de Columbine en 1999 à Parkland cette année, se pose la question des lois qui régissent le commerce et le port d'armes à feu. 

Le député du Connecticut Jim Himes a pointé l'inaction du Parlement sur le sujet : "35.000 Américains meurent chaque année suite à la violence des armes et le Congrès n'arrive même pas à se pencher sur le problème".

Sous la présidence de Donald Trump, qui s'est toujours montré en faveur du port d'arme, le débat fait rage.

D'un côté les tenants de la liberté d'être armé, le lobby des armes représenté par la NRA (National Riffle Association), un lobby puissant et riche, et puis le président... Donald Trump, candidat sponsorisé par la NRA en 2016, un président qui suggère d'armer les enseignants, qui affirme que les attentats de Paris auraient fait moins de victimes si les victimes avaient été armées... Trump et les plus conservateurs de son parti républicain. Mais aussi des libertariens, défenseurs d'une liberté individuelle forte et d'une législation minimale...

Face au pro-armes, des citoyens, des victimes, des survivants... Comme la jeune Emma Gonzalez qui fustige Donald Trump pour avoir reçu le soutien financier de la NRA. Des jeunes, des lycéens, qui disent #NeverAgain et qui marchent "pour leurs vies".

Un débat enflammé sous la présidence Trump

Au centre du débat, toutes les lois sur la vente et la détention des armes. Différentes selon les Etats, l'âge, les antécédents ou encore le type d'arme. Faut-il interdire ? Réglementer ? Autoriser ? 

Selon un sondage publié en février dernier par le Washington Post et ABC, une majorité d'Américains estiment que le président Trump et le Congrès n'en font pas assez pour prévenir les fusillades à nombreuses victimes.

Ce débat s'est invité dans la campagne pour les élections législatives de mi-mandat. Il reviendra pour les présidentielles de 2018. Des entreprises prennent leurs distances avec la NRA comme Hertz, Symantec, ou United Airlines.

Des personnalités médiatiques s'engagent: le chanteur Justin Bieber, l’acteur George Clooney, le réalisateur Steven Spielberg, l’animatrice de télévision Oprah Winfrey, l'ex-Beatle Paul McCartney. Et même la petite-fille de Martin Luther King, Yolanda Renee King, 9 ans seulement, qui déclarait lors d'une manifestation à Washington après la tuerie de Parkland : "Je fais un rêve dans lequel trop c’est trop. Il ne devrait pas y avoir d’armes dans ce monde."

Les principales fusillades ces dernières années aux Etats-Unis

Les Etats-Unis sont régulièrement endeuillés par des fusillades comme celle qui a fait au moins une douzaine de morts mercredi dans un bar-discothèque à Thousand Oaks (Californie).

Voici les principales fusillades de ces dernières années:

- Las Vegas: 58 morts -

Le 1er octobre 2017, Stephen Paddock, 64 ans, ouvre le feu du 32e étage de l'hôtel Mandalay Bay, sur une foule en contrebas qui assistait à un concert de musique country à Las Vegas (Nevada, ouest), faisant 58 morts et près de 500 blessés.

Le groupe État islamique (EI) revendique rapidement la fusillade, la plus meurtrière de l'histoire américaine, mais selon la police américaine aucun élément n'a à ce jour permis de relier Paddock, qui s'est suicidé, à l'organisation djihadiste.

- Club gay à Orlando: 49 morts -

Le 12 juin 2016, un Américain d'origine afghane, Omar Mateen, tue 49 personnes et en blesse une cinquantaine dans un club gay d'Orlando (Floride, sud-est), perpétrant le pire attentat aux Etats-Unis depuis ceux du 11 septembre 2001. Après trois heures de négociations, les forces de l'ordre donnent l'assaut, abattant l'assaillant. L'EI, auquel le terroriste avait fait allégeance, revendique la fusillade.

- Ecole primaire à Sandy Hook, 26 morts -

Le 14 décembre 2012, un jeune homme tue 26 personnes, dont 20 enfants de cours primaire, dans l'école de Sandy Hook à Newtown (Connecticut, nord-est), avant de se suicider.

- Eglise de Sutherland, Texas: 25 morts -

Le dimanche 5 novembre 2017, un homme abat 25 personnes dont une femme enceinte et plusieurs enfants dans une église de la petite ville de Sutherland au Texas, en plein culte. Il blesse aussi une vingtaine de paroissiens. La police retrouve son corps dans sa voiture.

- Parkland, Floride: 17 morts -

Le 14 février 2018, le jour de la Saint-Valentin, un jeune homme de 19 ans, Nikolas Cruz, ouvre le feu dans un lycée de Parkland, dans le sud-est de la Floride, tuant 17 personnes avant d'être arrêté.

- San Bernardino: 14 morts -

Le 2 décembre 2015, un couple marié d'islamistes radicalisés d'origine pakistanaise ouvre le feu lors d'un déjeuner de Noël à San Bernardino (Californie, ouest), faisant 14 morts et 22 blessés.

- Aurora: 12 morts -

Le 20 juillet 2012, un jeune homme lourdement armé fait irruption dans un cinéma d'Aurora (Colorado) et ouvre le feu sur le public d'une séance de minuit de "Batman", faisant 12 morts et 70 blessés. L'auteur de la tuerie, James Holmes, est condamné en août 2015 à la prison à perpétuité sans possibilité de libération.

- Synagogue de Pittsburgh: 11 morts -

Le 27 octobre 2018, 11 personnes tombent sous les balles d'un antisémite de 46 ans qui sème la terreur à l'intérieur de la synagogue "Tree of Life" de Pittsburgh en plein office du shabbat. Robert Bowers a été inculpé de 29 chefs d'accusation, dont certains passibles de la peine de mort.

- Lycée de Santa Fe: 10 morts -

Un élève de 17 ans tue le 18 mai 2018 deux adultes et huit jeunes dans son lycée à Santa Fe, au Texas. Dimitrios Pagourtzis a depuis été inculpé notamment pour meurtre, un chef d'accusation passible de la peine de mort pour un adulte majeur. Il s'est servi d'un fusil et d'un pistolet détenus légalement par son père, selon les autorités.

- Le journal Capital Gazette à Annapolis: 5 morts -

Cinq personnes sont tuées par balles le 28 juin 2018 dans la salle de rédaction d'un journal à Annapolis, la capitale de l'État du Maryland. Le suspect, Jarrod Ramos, 38 ans, est inculpé de meurtres avec préméditation. Selon le chef de la police locale, l'homme a pénétré dans la salle de rédaction du Capital Gazette avec l'intention de "tuer autant de personnes que possible".

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