Trump et Kim entament leur sommet au Vietnam sur un ton optimiste

Le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong Un ont entamé leur deuxième sommet au Vietnam : deux jours de discussions pour dessiner les contours d'une dénucléarisation de la péninsule coréenne. Trump et Kim ont échangé une poignée de main visiblement chaleureuse sur fond de rangée de drapeaux nord-coréens et américains. "Nous avons surmonté tous les obstacles, et nous voilà ici aujourd'hui (...) Je suis certain qu'il y aura cette fois de grands résultats qui seront salués par tous", a déclaré Kim qui s'est dit confiant sur l'issue du sommet et promet de "faire de son mieux".

Les deux dirigeants se sont félicités de leur relation, qualifiée de "très bonne" par Donald Trump qui prédit un franc succès. Le président américain espère que ce sommet égalera ou sera meilleur encore que celui de Singapour. "Certains voudraient que les choses aillent plus vite", mais il se dit "satisfait". A la presse qui lui demandait s'il entendait proclamer la fin officielle des hostilités entre les deux Corées, il a répondu : "On verra bien."

Donald Trump a eu un tête-à-tête d'une vingtaine de minutes avec Kim Jong Un au Sofitel Legend Metropole, un établissement cinq étoiles en plein coeur de la capitale. Après un dîner avec leurs proches conseillers Donald Trump a déclaré avoir eu "un très bon dialogue" avec Kim Jong-un, rapporte la Maison blanche. 

La présidence américaine précise que les deux dirigeants participeront à une "cérémonie de signature d'un accord conjoint" jeudi, à l'issue de leur sommet de deux jours dans la capitale vietnamienne.

"Excellente réunion et dîner avec Kim Jong-un à Hanoï, au Vietnam, ce soir", a écrit le président américain sur Twitter à la fin de la première journée de ce sommet.

Kim et Trump auront une rencontre en tête-à-tête de 45 minutes jeudi, puis la réunion sera élargie à leurs conseillers,ajoute la Maison blanche.

Les observateurs s'attendent à ce que les avancées majeures, comme la signature d'accords ou une conférence de presse importante soient pour la journée de jeudi. 

Des promesses d'avenir radieux

Avant de plonger dans le cœur du sujet, Donald Trump a prédit mercredi à la Corée du Nord un avenir "GENIAL" si son "ami" Kim Jong Un s'engage sur la voie de la dénucléarisation.

Dans un tweet, le président américain s'est servi de l'exemple du Vietnam, pays communiste qui a embrassé le capitalisme et tourné la page de la confrontation avec les Etats-Unis, pour tenter de convaincre Kim Jong Un. "Le Vietnam se développe comme peu d'autres endroits au monde. La Corée du Nord ferait la même chose - et très rapidement - si elle décidait de dénucléariser", écrit Donald Trump.

Evoquant un potentiel "GENIAL" pour le pays reclus, sous le coup de nombreuses sanctions internationales, il a aussi parlé d'une "opportunité rare" pour celui qu'il a appelé son "ami" Kim Jong Un. "Nous saurons bientôt. Très intéressant !", a conclu le locataire de la Maison Blanche.

Donner du contenu aux promesses de Singapour

Les deux dirigeants, qui sont passés en quelques mois des insultes personnelles et menaces apocalyptiques à des déclarations "d'amour" de la part de Donald Trump, devront concrétiser les engagements pris lors de leur premier sommet, dénoncé comme du pur théâtre par de nombreux analystes.

Lors de leur sommet en juin à Singapour, Kim Jong Un s'était engagé à "travailler vers la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne". Mais cette formulation vague et l'absence d'avancées concrètes au cours des mois écoulés ont rendu sceptiques nombre d'observateurs.

La Corée du Nord n'a rien fait pour réduire l'arsenal dont elle dispose. Les propres patrons du renseignement de Donald Trump jugent que le dirigeant nord-coréen est déterminé à conserver l'arme qu'il considère comme la clé de la survie de son régime.

Les Etats-Unis ont plusieurs fois réclamé que Pyongyang se débarrasse de manière complète, vérifiable et irréversible de son arsenal nucléaire - qui lui a valu une impressionnante série de sanctions de l'ONU au fil des ans.

La Corée du Nord dénonce de son côté ce qu'elle perçoit comme les menaces américaines, à savoir la présence militaire en Corée du Sud et dans la région en général.

Trump enclin à lâcher du lest

Parallèlement, Donald Trump répète qu'il n'est pas pressé de convaincre le Nord de renoncer à ses armes, tant que celui-ci s'abstient, comme il le fait depuis plus d'un an, de procéder à des tirs de missiles et des essais nucléaires.

"Je ne veux brusquer personne", a-t-il encore lancé avant son départ de Washington, semblant vouloir tempérer par avance les espoirs suscités par le sommet vietnamien.

Ses détracteurs craignent que Donald Trump ne soit prêt à lâcher trop de concessions, y compris aux dépens des alliés sud-coréens et japonais, pour proclamer une victoire et détourner l'attention de ce qu'il se passe à Washington. Son ancien avocat personnel Michael Cohen s'apprête à livrer un témoignage potentiellement accablant devant le Congrès.

A Singapour, il avait pris ses propres collaborateurs par surprise en annonçant la suspension des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, une revendication majeure du Nord qui les considérait comme la répétition d'une invasion de son territoire.

Le moment d'avancer

"La fenêtre de tir pour des progrès diplomatiques avec la Corée du Nord ne restera pas ouverte indéfiniment", met en garde Kelsey Davenport, de l'Arms Control Association. "Au-delà du décorum, le deuxième sommet doit mettre l'accent sur le fond".

Selon Kim Yong-hyun, de l'université Dongguk, le meilleur scénario serait que les deux dirigeants se mettent d'accord sur une feuille de route.

Washington pourrait promettre des garanties de sécurité sous la forme d'une déclaration officielle sur la fin de la guerre de Corée (1950-53) qui s'est achevée sur un armistice.

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