Trump choisit son camp et, contre le Congrès, autorise la vente d'armes à l'Arabie Saoudite.

Trump choisit son camp et, contre le Congrès, autorise la vente d'armes à l'Arabie Saoudite
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Trump choisit son camp et, contre le Congrès, autorise la vente d'armes à l'Arabie Saoudite - © MANDEL NGAN - AFP

Le président américain Donald Trump affirme agir pour la compétitivité américaine et les bonnes relations avec l’Arabie Saoudite. Hier, il a mis son veto à des résolutions du Congrès bloquant des ventes d’armes controversées à l’Arabie Saoudite et à d’autres alliés. Dans un courrier adressé au Sénat, le locataire de la Maison Blanche écrit que ces résolutions "nuiraient également à la crédibilité des Etats-Unis en tant que partenaire fiable en envoyant le message selon lequel nous sommes prêts à abandonner nos partenaires et nos alliés au moment même où les menaces envers eux s’intensifient". Et d’ajouter encore : l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont "un rempart contre les activités néfastes de l’Iran et de ses associés dans la région", et les ventes d’armes bloquées par le Congrès augmentent les capacités de ces deux pays alliés "à prévenir ces menaces et à se défendre contre elles".

De nombreux élus du Congrès ont réagi. Pour eux, le président américain doit faire preuve de plus de fermeté à l’égard de Ryad, impliqué dans la crise humanitaire au Yémen, critiqué pour ses violations des droits de l’homme et son rôle dans l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.

Des liens étroits avec Ryad face à la menace iranienne.

 

Depuis plusieurs semaines, le président américain ne cesse de flatter l’Arabie saoudite. Au mois de juin, en marge du sommet du G20 à Osaka, au Japon, il a notamment rencontré Mohammed ben Salmane, le prince héritier d’Arabie Saoudite. Il a félicité "son ami" en évoquant "son travail extraordinaire" concernant les changements en cours en Arabie Saoudite, et notamment concernant les femmes. Pas un mot en revanche sur l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Pour rappel, Jamal Khashoggi, journaliste saoudien habitant les Etats-unis, a été tué et démembré dans le consulat de son pays à Istanbul le 2 octobre 2018. Le Sénat américain a conclu à la responsabilité du prince héritier saoudien mais l’administration Trump a toujours affirmé manquer de preuve. Pour le président américain, l’Arabie saoudite joue un rôle crucial pour la stabilité du Moyen-Orient.

Des troupes américaines en Arabie Saoudite

Preuve de la collusion des deux pays, des troupes américaines vont revenir en Arabie Saoudite. Une première depuis 2003 et deux guerres contre l’Irak. Selon certains experts, ce déploiement de force est destiné à renforcer les liens entre les deux pays face à l’Iran de Rohani. Priver le prince héritier de certaines armes serait donc naviguer à contre-courant pour Donald Trump. Le veto apposé par le président américain est le troisième de sa présidence. Pour outrepasser ce veto, il faudrait une écrasante majorité des deux tiers au Sénat et au Congrès. Ce qui n’a jamais été le cas jusqu’à présent.

Vote du Congrès contre la vente d'armes à l'Arabie Saoudite, le 17 juillet

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