Trump atteint du Covid: "C'est le pire qui pouvait lui arriver dans cette campagne"

Le président américain pourrait regagner la Maison Blanche ce lundi... Après s'être accordé une première sortie de l'hôpital hier soir pour saluer ses supporters depuis son convoi blindé. A un mois de l'élection présidentielle, quel impact sur la campagne de Donald Trump? Pour en débattre dans CQFDFrançois Heinderyckx, professeur de sociologie des médias et de communication politique à l'ULB et Sonia Dridi, notre correspondante aux Etats-Unis.

Difficile d'imaginer que cela fasse partie d'une stratégie

"La presse comme l'opposition critiquent le manque de transparence autour de l'état de santé du président", observe Sonia Dridi depuis Washington. "Ce n'est pas tant le manque de transparence que la confusion qui caractérise cette administration", commente François Heinderyckx, "cela contrarie surtout l'image que Donald Trump essaie d'imposer: quelqu'un toujours en forme, plein d'énergie et dans le positivisme [...] Tout à coup se retrouver à un moment pareil dans le rôle de celui qui a des problèmes de santé et est vulnérable est très contrariant. Il est difficile d'imaginer que cela fasse partie d'une stratégie".

"Donald Trump, depuis des mois, tente de minimiser l'importance et les dangers de la pandémie et tend à affirmer que c'est passé. Aujourd'hui, avec le bilan de ce qui est devenu un véritable "cluster Maison Blanche", on voit rétrospectivement toutes les erreurs qui ont été commises et on se dit que si quelqu'un ne peut même pas gérer la pandémie dans son propre entourage, il y a un vrai problème. Trump a une stratégie de campagne assez simple: il faut que la campagne soit à propos de Trump. Le fait de son hospitalisation ramène entièrement la campagne et les conversations sur la pandémie et c'est ce qui pouvait lui arriver de pire", poursuit le professeur à l'ULB.

Avec Joe Biden, l'écart se creuse

"C'est pour cette raison que je ne crois pas à la théorie du coup de communication pour échapper aux critiques qui ont suivi le débat", abonde Sonia Dridi, "c'est ce qui pouvait lui arriver de pire". Dans le dernier Reuters/Ipsos, le président américain accuse un retard de 10 points dans les intentions de vote au niveau national, soit 51% pour Joe Biden, 41% pour Donald Trump, et 4% d'indécis.

"Donald Trump ne change jamais d'avis"

Un autre dirigeant testé positif au coronavirus a lui, temporairement, pu tirer partie de la sitiation: Boris Johnson, le premier ministre britannique qui a suscité une vague de sympathie à travers le Royaume-Uni et dans le monde. Après son hospitalisation le 5 avril, sa popularité a bondi. 60% de Britanniques estimaient alors que "Bojo" avait bien géré la crise. Une popularité étonnante (bien qu'elle n'ait pas duré), alors que le pays enregistre la pire mortalité d’Europe, et que Boris Jonson s'est lui-même longtemps montré nonchalant au sujet du coronavirus. 

"La différence entre Boris Johnson et Donald Trump", explique François Heinderyckx, "c'est que Bojo a lui fait amende honorable, le gouvernement britannique prend aujourd'hui la crise au sérieux. Il faudra voir si Donald Trump prend des mesures, par exemple imposer le port du masque dans tout le pays. Je n'y crois pas, car s'il y a bien une caractéristique de Donald Trump dans sa communication, c'est qu'il ne change jamais d'avis".

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