Trump assure un engagement américain "fort" auprès de l'OTAN

Un Trump à nouveau très virulent perturbe le déroulement du sommet de l'Otan
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Un Trump à nouveau très virulent perturbe le déroulement du sommet de l'Otan - © BRENDAN SMIALOWSKI - AFP

Le président américain Donald Trump a assuré que "l'engagement américain auprès de l'Otan" était "fort", lors d'une conférence de presse organisée in extremis lors du sommet de l'Alliance. Il s'est également dit extrêmement "satisfait" des efforts en dépenses de défense annoncés par les Alliés au terme d'une réunion extraordinaire entre les 29 pays membres de l'Otan.

Départ de Donald Trump du siège de l'OTAN. Direction: Londres

"Nous avons eu une excellente réunion aujourd'hui (sur le partage du fardeau). Ces deux journées ont été fantastiques. Cela n'a pas été facile, mais nous avons réussi à nous entendre", a lancé M. Trump face à la presse. "Le seuil de 2% du PIB en dépenses militaires est devenu un engagement réel. (Les Alliés) ont accepté de payer plus et plus rapidement", a -t-il indiqué.

Extrait de la conférence de presse de Donald Trump à l'OTAN:

Traduction: "Hier j'ai laissé entendre que j'étais extrêmement mécontent de ce qui se passait. Maintenant nous sommes très contents pour cette très très puissante et très très forte OTAN. Encore plus forte qu'il y a il y a deux jours".

33 à 40 milliards de plus

Les pays de l'Otan se sont engagés à augmenter leurs dépenses de défense de 33, et peut-être, de 40 milliards de dollars, a affirmé le président américain Donald Trump à l'issue d'un sommet de l'Otan qu'il a qualifié de pleinement réussi.

M. Trump a assuré que les Etats-Unis sont "très, très heureux" de ces engagements qui vont porter les budgets militaires alliés à des niveaux "jamais vus auparavant".

"Aujourd'hui on a progressé" vers un partage plus équitable du fardeau de la défense, a-t-il ajouté en expliquant que les dirigeants des 28 autres pays de l'Alliance atlantique "ont accepté de payer plus et plus vite" pour mettre fin à une situation très injuste dans laquelle les Etats-Unis paient de 70 à 90% au sein de l'Otan.

L'Alliance est "très puissante" et "beaucoup plus qu'elle ne l'était voici deux jours", a-t-il encore dit.

M. Trump a toutefois laissé entendre que le seuil des 2% du Produit intérieur brut (PIB) consacré à la défense n'était pas suffisant. "4%, c'est bien", a-t-il lancé.

"Je leur ai dit que je serais très malheureux s'ils n'augmentaient pas leurs engagements de façon substantielle, parce que les États-Unis payent un montant énorme", a expliqué M. Trump lors d'une conférence de presse. Le président américain a plutôt préféré saluer les "immenses progrès" obtenus selon lui dans leurs engagements financiers.

"Hier, je leur ai fait savoir que j'étais extrêmement insatisfait de ce qui se passait et ils ont considérablement renforcé leurs engagements", a-t-il développé. "Maintenant, nous sommes très heureux d'avoir une Otan très puissante, très forte, beaucoup plus forte qu'il y a deux jours", a poursuivi le président américain.

Rencontre avec Poutine

"Le président russe Vladimir Poutine n'est ni mon ennemi, ni un ami, je ne le connais pas. C'est un concurrent. Il représente la Russie et moi les Etats-Unis. Peut-être deviendra-t-il un jour un ami ?", a déclaré jeudi le président américain Donald Trump lors du sommet de l'Otan.

Interrogé sur ses attentes en vue de la prochaine rencontre avec son homologue russe à Helsinki lundi prochain, M. Trump a dit espérer que tous deux parviendraient à s'entendre. "Nous verrons à quoi cette réunion va mener. Peut-être arriverons-nous à d'importantes décisions", a indiqué le locataire de la Maison Blanche.

Alors que différents pays membres de l'Otan s'interrogent sur les intentions de M. Trump lors de cette entrevue, ce dernier a assuré que les Alliés l'ont "remercié de rencontrer Vladimir Poutine".

"Je ne veux pas que le président Poutine soit une menace et c'est pour cela que nous avons l'Otan", a-t-il assuré.

Le président américain a également assuré qu'il ne reconnaîtrait pas l'annexion de la Crimée par la Russie. Il a pointé la responsabilité de son prédécesseur dans ce dossier. "(L'ex-président) Barack Obama a permis (l'annexion). (Les Russes) ont bâti un pont avec la Crimée, un port à sous-marin, etc. Tout cela s'est passé sous Barack Obama. Je ne suis pas content de ce qui est arrivé", a pointé M. Trump.

Le leader américain s'est également félicité d'avoir amené sur la table des discussions le projet du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l'Allemagne. "Je suis le seul à avoir abordé la question et maintenant nous en discutons", a-t-il conclu.

M. Trump s'en est pris mercredi à Berlin en assurant que "l'Allemagne est complètement contrôlée par la Russie" en raison de sa dépendance vis à vis du gaz russe.

 

Journée chamboulée

L'ordre du jour de la seconde journée de l'Otan a été chamboulé jeudi par une nouvelle exigence du président américain Donald Trump sur une hausse rapide des dépenses militaires de la part des ses alliés qui n'atteignent pas le seuil des 2% de leur PIB consacrés à la défense.

Une réunion extraordinaire entre les 29 membres de l'Otan a été convoquée en urgence par le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, et s'est clôturée peu avant 12h00, permettant au sommet de reprendre un cours presque normal, selon une bonne source.

Selon une autre source, M. Trump a désigné plusieurs pays, en particulier l'Allemagne, qu'il avait déjà ciblée mercredi au premier jour du sommet, usant d'un "langage dur" et appelant la chancelière Merkel "Angela". Il aurait également mentionné la Belgique et l'Espagne, qui ne consacrent que 0,93% de leur PIB à la défense.

Le président américain n'a de cesse de réclamer aux Européens, et à l'Allemagne en particulier, d'accroître leurs dépenses militaires afin de respecter un engagement pris en 2014 de les porter à 2% de leur PIB en dix ans. Il a même suggéré mercredi de les porter à terme à 4% de leur PIB, ce qui correspond au niveau de dépenses de la superpuissance que sont les États-Unis.

Menace de quitter l'OTAN ?

Certaines rumeurs faisaient état d'une menace de Donald Trump de quitter l'Otan, ce que le président américain a infirmé en conférence de presse.

La veille, le président américain avait déjà donné le ton pour la première journée du sommet de l'OTAN, en leur demandant de faire passer à terme à 4% de leur PIB leurs dépenses de défense, et en critiquant une Allemagne "complètement contrôlée par la Russie". Ce à quoi les Alliés ont pris la chose de manière pragmatique, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg déclarant : "Commençons déjà avec les 2% pour lesquels il y a encore beaucoup d'efforts à faire".

"Le président Trump n'a à aucun moment (...) dit qu'il comptait se retirer de l'OTAN"

Début de la réunion des chefs d'Etat, ce 12 juillet:

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