Trump annonce un discours en prime time pour vanter le mur

Donald Trump le 6 janvier 2019 à Washington
Donald Trump le 6 janvier 2019 à Washington - © Jim WATSON

Donald Trump a encore fait monter d'un cran la pression pour le mur qu'il réclame à cor et à cri en annonçant un discours à la Nation mardi soir et un rare déplacement à la frontière avec le Mexique deux jours plus tard.

Engagé dans un bras de fer avec les démocrates qui a provoqué la fermeture partielle des administrations fédérales, le président américain dresse depuis plusieurs jours le tableau d'une grave crise face à l'afflux de migrants, une caractérisation rejetée avec force par ses adversaires qui dénoncent une basse manoeuvre politique.

"Je suis ravi de vous informer que je vais m'adresser à la Nation sur la crise humanitaire et de sécurité nationale à notre frontière sud", a tweeté le président au 17e jour du "shutdown" qui contraint quelque 800.000 fonctionnaires fédéraux à rester chez eux.

L'intervention présidentielle est prévue mardi à 21H00 (02H00 GMT). Aucune précision n'avait été fournie sur les chaînes qui transmettront ce discours intervenant dans un climat politique très tendu.

Deux jours plus tard, M. Trump se rendra à la frontière avec le Mexique pour rencontrer "ceux qui sont en première ligne" de ce qu'il a baptisé une "crise de sécurité nationale".

M. Trump exige le déblocage de plus de 5 milliards de dollars pour édifier le mur promis en campagne afin de lutter contre l'immigration clandestine. "Nous devons construire le mur. Il s'agit de la sécurité de notre pays (...). Nous n'avons pas le choix", a-t-il lancé dimanche.

Les démocrates, qui ont repris le contrôle de la Chambre des représentants à l'issue des élections de mi-mandat, répètent qu'ils sont opposés au financement de ce mur qu'ils jugent "immoral", coûteux et inefficace.

"Aucun progrès"

Les négociations menées au cours du week-end par le vice-président Mike Pence n'ont pas permis la moindre avancée.

"Aucun progrès n'a été réalisé. A ce stade, aucune autre rencontre avec ce groupe n'est prévue", a résumé, laconique, un responsable démocrate à l'issue de la réunion de dimanche.

Ces derniers jours, Donald Trump et ses proches laissent planer la possibilité de recourir à une procédure d'urgence exceptionnelle, hypothèse qui a suscité une levée de boucliers dans le camp démocrate.

L'idée avancée serait de déclarer une "urgence migratoire" à la frontière en vertu du "National Emergencies Act" qui permet au président des Etats-Unis d'avoir recours à des pouvoirs extraordinaires.

Nombre de ses prédécesseurs ont fait usage de ces dispositions comme George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001 (pour augmenter les moyens de l'armée au-delà du budget voté) ou Barack Obama lors de l'épidémie de grippe H1N1 (pour lever certaines dispositions du secret médical).

Mais le Congrès a le pouvoir de contester tout décret d'urgence. Et l'opposition démocrate, qui contrôle désormais la Chambre des représentants, a d'ores et déjà indiqué qu'elle ferait tout pour le bloquer.

En mars 2018, M. Trump s'était rendu à San Diego, près de la frontière avec le Mexique, pour examiner, lors d'une visite savamment mise en scène, des prototypes de mur.

Durant la campagne et depuis son arrivée au pouvoir il y a deux ans, M. Trump a envoyé des messages très différents - et parfois contradictoires - sur la longueur et la nature exacte du mur qu'il espérait.

Depuis quelque temps, il émet l'idée d'un mur fait de barres verticales en acier et non en béton dans l'espoir de rendre le projet plus acceptable pour les démocrates.

En vain. Et le record du plus long "shutdown" de l'histoire pourrait bientôt tomber: 21 jours, entre fin 1995 et début 1996, sous le présidence de Bill Clinton.

Donald Trump s'informant au sujet des différents prototypes de murs, à San Diego (frontière mexicaine), le 13 mars 2018:

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