Trouver un logement à Stockholm, un cauchemar

La durée moyenne de présence sur la liste d’attente pour louer un appartement à Stockholm est de 15 ans (7,7 ans dans la région du Grand Stockholm). L’une des raisons qui expliquent le manque incroyable de logements dans la capitale suédoise est que ceux-ci sont sous-occupés : beaucoup d’habitants de cette ville vivent seuls. La Suède présente même la plus petite taille moyenne de ménage des pays de l’OCDE, avec une moyenne de 1,99 personne par ménage. Dans l’OCDE, cette moyenne est de 2,63. À Stockholm, elle est de 2,1, soit la plus faible de toutes les capitales du monde, alors que la taille moyenne d’un logement est 87 m2. Un chiffre à comparer avec ceux des autres pays (45 m2 à Hong-Kong, 76 m2 au Royaume-Uni et 214 m2 en Australie)

Selon l’Institut National des Statistiques, la surface moyenne d’un logement belge est de 109 m2 pour les nouvelles constructions. Et plus encore si l’on tient compte des logements rénovés. Elle s’élève à 119 m2 selon les agences immobilières Century 21.

Pour obtenir un logement à Stockholm, il faut s’inscrire sur la liste d’attente officielle, sachant qu’un demi-million de personnes sont devant vous. Il manquait en fin 2013 431.144 logements, soit 8% de plus que l’année précédente. Les prix ont augmenté de 300% ces 13 dernières années, ce qui a fait parler l’économiste Paul Krugman de "bulle immobilière significative".

Un logement grand comme deux box de garage

La réponse des partis politiques suédois repose sur un projet de construction de (seulement) 140.000 nouveaux logements d’ici 2030, sur la construction de logements de 35 à 25 m2, jugés "suffisants" comme premier foyer pour de jeunes ménages. En Belgique la taille standard d’un garage est de 2,5 x 5 m, soit 12,5 m2…

Acheter un appartement de deux chambres à Stockholm coûte entre 195.000 et 720.000 € selon le voisinage. Pour louer il faut de plus en plus souvent passer par le marché noir et verser un dessous de table si l'on veut obtenir un logement. Il s’élève en moyenne à 22.000 € par chambre…

Les loyers sont cependant régulés et considérés comme trop bas par certains, ce qui expliquerait aussi l’engorgement de la situation. Les opposants à la libéralisation des loyers se justifient notamment en invoquant la nécessité d’instaurer parallèlement un marché du logement social, ce qu’ils veulent éviter à tout prix. Et pourtant, dans les quatre années à venir, la Suède entend accueillir jusqu'à 340.000 demandeurs d'asile et a décidé d'accorder automatiquement un permis de séjour à tous les demandeurs d'asile syriens.

Patrick Bartholomé (d’après qz.com).

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