Trop de patients du Covid-19: un hôpital anglais ferme ses urgences alors que le déconfinement fait polémique

Là où les autres pays sont revenues à une situation normale ou presque, l'Angleterre continue à afficher une surmortalité "extrêmement élevée"
2 images
Là où les autres pays sont revenues à une situation normale ou presque, l'Angleterre continue à afficher une surmortalité "extrêmement élevée" - © Tous droits réservés

L'hôpital général de Weston, en Grande-Bretagne, a cessé d'accepter les patients en urgences et aux soins intensifs depuis ce lundi matin à 8 heures, explique le journal The Independent.

Les responsables ont expliqué que les patients qui avaient besoin de soins seraient traités ailleurs dans la région, sans préciser combien de nouveaux patients atteints du coronavirus ont été admis ou si la fermeture a fait suite à une augmentation soudaine des cas.


►►► À lire aussi : notre dossier sur l'épidémie de coronavirus


Mais l'hôpital explique qu'"il s'agit d'une mesure de précaution afin de maintenir la sécurité du personnel et des patients en réponse au nombre élevé de patients atteints de coronavirus à l'hôpital."

Le Dr William Oldfield, directeur médical a déclaré au journal: "Nous avons actuellement un nombre élevé de patients atteints de Covid-19 au Weston General Hospital. Nous avons pris une mesure proactive pour cesser temporairement d'accepter de nouveaux patients afin de maintenir la sécurité des patients et du personnel. Nous avons mis en place un solide programme de dépistage des coronavirus pour permettre aux patients et au personnel d'identifier rapidement les cas, avec des mesures appropriées prises par les équipes cliniques si nécessaire".

Les gens ne devraient pas errer

Mais cette décision tombe quelques jours après que Mark Canniford, le maire libéral de Weston, ait critiqué la semaine dernière le "mépris total" pour la population locale des excursionnistes qui se pressaient sur la plage. Il a ajouté que la région avait vu une augmentation importante du nombre de voyageurs et de personnes venant de l'extérieur.

Il est trop tôt pour lier les deux faits mais le maire estime que "les gens ne devraient pas se promener. Ce n'est pas juste pour les communautés dans lesquelles ils se déplacent. Les gens semblent penser que s'ils ne présentent pas de symptômes, ils vont bien, mais ce n'est nécessairement pas le cas".

L'Angleterre a-t-elle déconfiné trop tôt? 

Alors, l'Angleterre a-t-elle déconfiné trop tôt? 

Entrées ensemble dans le confinement décrété par le Premier ministre britannique Boris Johnson le 23 mars, les quatre nations du Royaume-Uni (Angleterre, Écosse, Pays de Galles et Irlande du Nord) n’abordent pas toutes l’allègement des restrictions au même rythme.

L'Ecosse par exemple ne commencera que ce jeudi. Mais depuis le 13 mai déjà, les Anglais peuvent sortir de chez eux plus d’une fois par jour. Ils sont autorisés à se rendre dans les parcs régionaux et sur les plages, tout en respectant une distance de deux mètres les uns avec les autres.

Résultat: la baisse des cas et des décès au Royaume-Uni est très lente, beaucoup plus lente qu'ailleurs. Le taux de décès par million d'habitants (4,54) y est d'ailleurs le plus haut au monde sur la période de la semaine dernière, devant la Suède et le Brésil.

Et selon les statistiques d'Euromomo, le programme européen de surveillance, la situation paraît encore plus grave: il y apparaît non seulement que l'Angleterre est la région participant au programme où l'on a observé le plus gros pic de surmortalité, mais surtout en semaine 20, c'est-à-dire entre le 11 et le 17 mai, cette surmortalité continuait à plafonner à un niveau très élevé!

Un proche conseiller de Boris Johnon a violé les règles du confinement

Pour encore ajouter un pan à la polémique, l'un des principaux conseillers du premier ministre britannique Boris Johnson, Dominic Cummings, a été surpris en train de violer les règles du confinement, ont indiqué des journaux vendredi.

Dominic Cummings a quitté son domicile londonien pour s'installer chez ses parents à Durham, dans le Nord-Est de l'Angleterre, alors qu'il présentait les symptômes du Covid-19, ont affirmé les quotidiens Daily Mirror et The Guardian. L'opposition a demandé une explication. "

Le peuple britannique ne s'attend pas à ce qu'il y ait une loi pour lui et une autre loi pour Dominic Cummings", a déclaré un porte-parole du Parti travailliste. Ed Davey, dirigeant des Libéraux démocrates, a pour sa part estimé que Dominic Cummings "devra démissionner" si les faits sont confirmés.

La police à Durham a confirmé avoir été informée le 31 mars que quelqu'un était arrivé de Londres. Dominic Cummings a été vu chez ses parents avec un enfant, qui semble être son fils, ont ajouté les deux journaux.

A cette date, le gouvernement de Boris Johnson demandait à la population de ne sortir que pour subvenir à ses besoins essentiels et exigeait de ceux qui présentaient des symptômes de ne pas sortir de chez eux.

Dominic Cummings a été un membre éminent de la campagne en faveur du Brexit, puis a suivi Boris Johnson au 10, Downing Street l'an dernier. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK