Deux roquettes tombent près d'une centrale nucléaire israélienne

Impact d'un tir aérien sur un immeuble situé dans la bande de Gaza.
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Impact d'un tir aérien sur un immeuble situé dans la bande de Gaza. - © THOMAS COEX - BELGAIMAGE

Vingt-deux Palestiniens, dont 15 femmes et enfants, ont péri mercredi dans des raids israéliens contre la bande de Gaza, portant à 43 le nombre de morts depuis le début d'une offensive israélienne lundi à minuit, selon les secours. Le président palestinien Abbas accuse Israël de commettre un "génocide". Les avions israéliens ont pour l'heure touché 550 cibles dans la bande de Gaza, et au moins 165 roquettes se sont abattues en Israël, tirées depuis l'enclave palestinienne. On apprenait dans la soirée de mercredi que deux de ces roquettes sont tombées près d'une centrale nucléaire israélienne à Dimona.

Deux roquettes tirées depuis la bande de Gaza mercredi sont tombées près de la ville israélienne de Dimona (sud) qui abrite une centrale nucléaire, a annoncé l'armée.

"Des terroristes palestiniens de Gaza ont tiré trois roquettes sur Dimona. Deux sont tombées, et Iron Dome a intercepté la troisième", a ajouté l'armée israélienne, en référence au système de défense anti-missile israélien.

Les brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza, ont affirmé dans un communiqué avoir "lancé trois roquettes M75 sur Dimona". Ces roquettes ont une portée d'environ 80km.

Dimona, dans le désert du Néguev, abrite l'un des deux réacteurs nucléaires d'Israël. L'autre se trouve dans un centre de recherche à Nahal Sorek, à l'ouest de Jérusalem.

Israël est soupçonné de détenir environ 200 ogives nucléaires, mais a depuis toujours comme politique de n'affirmer, ni infirmer ces informations. Des scientifiques et des hommes politiques ont déjà demandé la fermeture du site de Dimona, vieux de 50 ans, arguant que son âge augmentait le risque d'accident.

370 blessés en deux jours

Les raids israéliens ont fait plus de 370 blessés en deux jours, a déclaré à l'AFP le porte-parole des services des urgences, Ashraf al-Qodra.

Mercredi, dans quatre des raids, toutes les victimes étaient des femmes et des enfants. Dans l'après-midi, une mère et ses quatre enfants ont ainsi été tués par un missile s'étant abattu sur leur maison à Al-Maghazi, un camp de réfugiés dans le centre de la bande de Gaza.

Dans l'est de la ville de Gaza, près de la frontière avec Israël, deux frères de 12 et 13 ans ont été tués à Chejaïya, tandis qu'un garçon de 18 mois et sa mère sont morts à Zeitoun.

En outre, une femme de 40 ans et son fils de 14 ans ont péri dans une frappe aérienne israélienne à Beit Hanoun, au nord de la bande de Gaza.

Le raid le plus meurtrier a eu lieu peu après minuit dans la ville de Beit Hanoun, dans le nord du territoire palestinien. Un commandant local du groupe radical Jihad islamique, Hafez Hammad, a péri dans la destruction de sa maison, avec cinq membres de sa famille, dont deux femmes et une adolescente de 16 ans.

Ailleurs dans le territoire palestinien, un homme de 30 ans a été tué dans un raid aérien à Rafah (sud).

Alors que le jour se levait, un missile tiré par un drone israélien a tué un homme qui circulait sur une mobylette à Beit Lahiya (nord). Un deuxième homme se trouvant sur la mobylette a été grièvement blessé.

A Moughrada, dans le centre de la bande de Gaza, une femme de 80 ans a par ailleurs été retrouvée morte dans les décombres de sa maison bombardée.

Dans le même secteur, un missile israélien a tué deux hommes de 60 ans et 31 ans dans un champ près du camp de réfugiés de Nousseirat.

Mardi, 21 Palestiniens avaient été tués, 17 dans des frappes aériennes et quatre militants de la branche armée du Hamas abattus après s'être infiltrés en Israël par la mer pour attaquer une base militaire.

L'aviation israélienne a annoncé avoir effectué 550 raids depuis le début de son offensive "Bordure protectrice", menée en riposte après des salves de roquettes palestiniennes.

Mercredi, au moins 48 roquettes ont touché Israël, dont une dans le secteur de Tel-Aviv. Seize autres ont été interceptées par le système anti-missiles Iron Dome, dont deux dans le secteur de Tel-Aviv, selon l'armée.

"Un prix très élevé"

"Israël ne tolérera pas de tirs de roquettes contre ses villes", a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu mardi soir.

"Nous avons donc étendu de manière significative nos opérations contre le Hamas et les autres organisations terroristes de Gaza (...). Israël n'est pas avide de guerre mais la sécurité de nos citoyens est notre première considération", a-t-il insisté.

"L'armée prépare une série d'options, y compris une offensive terrestre ou une invasion" du territoire palestinien, a expliqué à l'AFP un responsable israélien sous couvert de l'anonymat.

Le cabinet de sécurité a autorisé mardi le rappel de 40 000 réservistes en prévision d'une possible opération au sol.

Des renforts sont déployés aux abords de Gaza, où des journalistes de l'AFP ont vu des troupes, des chars et des transports de troupes blindés.

"Nous sommes prêts à mener une bataille contre le Hamas qui ne se terminera pas en quelques jours. L'armée poursuivra son offensive de telle façon que le Hamas va payer un prix très élevé", a averti le ministre de la Défense Moshé Yaalon. L'offensive s'est effectivement poursuivie durant la nuit avec 160 raids aériens menés sur la bande de Gaza.

Réactions internationales fermes

La Maison Blanche a condamné "fermement" les tirs de roquettes de Gaza tout en se disant inquiète pour les civils israéliens comme palestiniens. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a également dénoncé les tirs de roquettes et a appelé les deux camps à la "retenue".

La Ligue Arabe a appelé à une réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a exigé qu'Israël mette fin "immédiatement" à son attaque, demandant à la communauté internationale d'"intervenir pour arrêter la dangereuse escalade".

Le dirigeant du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a appelé "à l'unité palestinienne sur le front politique et sur le terrain".

Avec AFP

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