Tirs à la mosquée de Bayonne : l'auteur des faits est un ancien du FN

Deux hommes ont été gravement blessés lundi par des coups de feu tirés devant la mosquée de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), ville présentée par ses élus comme "paisible" et à la communauté musulmane "intégrée".

L’auteur des faits est un homme qui tentait d’incendier la porte de bâtiment et qui a été interpellé un peu plus tard à son domicile dans les Landes.

"A 15h20, un homme a tenté d’incendier la porte de la mosquée de Bayonne. Surpris dans sa tentative par deux personnes, l’homme leur a tiré dessus", a indiqué un communiqué de la préfecture qui précise que l’homme, en repartant, a incendié une automobile.

L’homme, qui est âgé de 84 ans, "a été candidat du Front national en 2015 lors d’élections locales", a-t-on appris de source proche du dossier citée par Reuters.

Une équipe de déminage a été envoyée au domicile de Claude S., à Saint-Martin de Seignanx, à 16 km de Bayonne.

Réactions unanimes

Le président Emmanuel Macron qui recevait à l’Elysée les responsables du Conseil français du culte musulman (CFCM), a condamné "avec fermeté l’attaque odieuse" affirmant que "la République ne tolérera jamais la haine".

Le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray, a souligné de son côté sur Twitter que les "Bayonnais (étaient) solidaires de la Communauté musulmane, victime d’un attentat aussi lâche qu’odieux".

Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui s’est rendu sur place dans la soirée pour rencontrer responsables musulmans et policiers, a affirmé que "s’en prendre à un lieu de culte, à une mosquée, à des fidèles, c’est un acte odieux que nous condamnons évidemment avec beaucoup de fermeté. C’est un acte qui ne peut avoir de place dans notre République qui garantit la liberté des cultes et des croyances".

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a eu des entretiens téléphoniques avec "le président de l’association des musulmans de la Côte Basque ainsi qu’avec Dalil Boubaker", recteur de la mosquée de Paris, dans "l’esprit des échanges" du matin avec le "président de la République sur l’importance de combattre les extrémismes.

La présidente du parti, Marine Le Pen, a également condamné cet acte. "L’attentat commis contre la mosquée de Bayonne est un acte inqualifiable absolument contraire à toutes les valeurs portées par notre mouvement", a commenté Marine Le Pen sur son compte Twitter. "Ces crimes doivent être traités avec la sévérité la plus totale", ajoute la présidente du RN.

 

Le déroulement des faits

Selon le maire de Bayonne, qui s’est rendu immédiatement sur place, "deux personnes préparaient la salle pour la prière de 16h30" quand un homme a jeté un engin incendiaire sur la porte latérale de la mosquée. Les deux personnes sont sorties et ont été touchées l’une au cou, l’autre au thorax et au bras.

Les victimes, gravement blessées par balles, sont âgées de 74 et 78 ans. Elles ont été opérées et étaient toujours en réanimation lundi soir. Le pronostic "est réservé pour l’une d’entre elles", selon la préfecture.

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Tirs à la mosquée de Bayonne: le tireur est un ancien du FN © Tous droits réservés

Une personnalité atypique

De source proche de l’enquête, le tireur, Claude Sinké, 84 ans, a reconnu en garde à vue être l’auteur des tirs. Il avait "une arme de poing avec lui" lors de son interpellation.

Il avait été candidat du Front national (FN) en 2015 aux élections départementales des Landes, canton de Seignanx, mais selon Jacques Leclercq, délégué adjoint landais du Rassemblement national (RN) à l’AFP, avait été "écarté du parti" après ces élections, sans plus de précisions.

Interrogé par l’AFP, Mike Bresson, adjoint à la mairie du village landais, a indiqué que l’homme était "connu sur la commune et fui pour ses excès verbaux. Il donnait l’apparence de quelqu’un de psychologiquement perturbé […] Il n’aimait pas les gens de gauche, du centre et peu ceux de droite", selon l’élu.

Selon Sud-Ouest, il avait adressé la semaine dernière une lettre "rageuse" au bâtonnier de Bayonne et au procureur de Dax pour "porter plainte contre Emmanuel Macron", avec copie au quotidien qui ne l’a pas publiée en raison de son caractère "discriminatoire et xénophobe".

 

Une mosquée sans problème

Selon le maire de Bayonne à l’AFP, "il n’y a jamais eu le moindre problème avec la communauté musulmane à Bayonne", assurant que la mosquée "très bien gérée et ne sera pas fermé plus de 48 heures". Une salle municipale a été mise à la disposition des fidèles.

Interrogé par France 3 Nouvelle-Aquitaine, Christian Millet-Barbé, adjoint à la sécurité, a ajouté que Bayonne était "une ville apaisée, avec une communauté musulmane très bien intégrée".

L’attaque de la mosquée, qui a suscité nombre de réactions, intervient en plein retour du débat sur le voile islamique.

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Tirs à la mosquée de Bayonne: le tireur est un ancien du FN © Tous droits réservés

La police judiciaire a été saisie de l’enquête.

Le suspect a été placé en garde à vue du chef de "tentative d’assassinats"

 

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