Donald Tusk: "Un court report du Brexit est possible"

Ca y est. Après en avoir longtemps refusé la possibilité, Theresa May joue la carte "report". Près de trois ans après le référendum qui a décidé de la sortie de l'Union européenne. Plus le choix : pas de report signifie le divorce brutal entre Londres et l'Union européenne. Mais c'est le délai demandé qui risque de coincer. La Première ministre britannique demande un report du Brexit jusqu'au 30 juin. Un choix de date qui est loin de ravir les Européens et voici pourquoi.


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Avant même que Theresa May ne lève le voile sur ses intentions, ce matin, un document, marqué du sceau de l'Europe, fait son apparition. Une sorte de note interne de la Commission européenne. Cette note, présentée aux commissaires ce mercredi matin, ressemble à un plaidoyer destiné à envisager les dates les plus réalistes entourant le report du Brexit.

Noir sur blanc, l'exécutif européen plaide pour un report jusqu'au 23 mai (avant les élections européennes). Un report "jusqu'au moins fin 2019" reste aussi une option. Autant dire que la date du 30 juin, comme l'a réclamée Theresa May dans la foulée, n'est pas accueillie dans l'allégresse. "Toute autre option", lit-on encore dans le document, "entraînerait de graves risques juridiques et politiques pour l'Union."

Un risque juridique et politique

Pourquoi tant d'hostilité face à la demande du 30 juin ? Parce qu'à cette date, ça voudrait dire que le Royaume-Uni n'aurait pas organisé d'élections européennes. Soit une infraction, si l'on se base sur le Traité de l'Union. Autre souci d'ordre juridique : les élections ont lieu, sans le Royaume-Uni. On peut imaginer n'importe quel citoyen saisir la Justice européenne pour faire valoir qu'il est mal représenté. Motif : l'assemblée a été "mal" élue, il faudrait tout annuler.

A ces doutes vient s'en greffer un dernier, il est d'ordre politique. On pourrait aisément imaginer que chaque dirigeant d'un Etat membre évalue, en fonction de ses intérêts, quasi personnels, si une prolongation du Brexit lui serait favorable. Inacceptable. En se penchant à partir de demain, en sommet de printemps, à Bruxelles, les dirigeants des 27 vont donc avant tout chercher à se couvrir contre des risques majeurs. C'est en tout cas vers cela qu'on se dirige.

En résumé, Theresa May souhaite un report du Brexit. Mais qu'il soit court. A ce stade, elle exclut un ajournement plus long, qui impliquerait que le Royaume-Uni prenne part aux élections européennes, une option "inacceptable", selon la dirigeante. A l'Union de se concerter. Toute demande de report devra, en effet, être acceptée à l'unanimité par les 27, réunis à Bruxelles jeudi et vendredi. Quoi qu'il en soit, les dirigeants des 27 ne devraient envisager qu'un seul report, s'inquiétant du risque de maintenir l'Union européenne dans l'incertitude pendant une longue période.

Donald Tusk annonce un report "possible"

Les dirigeants des pays de l'UE sont prêts à accorder au Royaume-Uni une "courte extension" de la période précédant son départ s'il y a "un vote positif" des députés britanniques sur l'accord de Brexit déjà négocié avec Theresa May. C'est en tout cas ce qu'a déclaré  le président du Conseil européen.

"A la lumière des consultations que j'ai conduites ces derniers jours" avec les dirigeants des 27, "je crois qu'une courte extension sera possible mais elle serait conditionnée à un vote positif sur le traité de retrait à la Chambre des Communes", a dit Donald Tusk, dans une courte déclaration devant la presse.
 

 

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