Theresa May met le Parlement face à ses responsabilités

Theresa May laissera au Parlement le choix de reporter le Brexit
Theresa May laissera au Parlement le choix de reporter le Brexit - © HO - AFP

C'était dans l'air... Mais c'est à présent confirmé de la bouche de l'intéressée. Le report du Brexit n'est plus un tabou pour Theresa May, la Première ministre britannique ne l'exclut plus, mais sa stratégie a changé.

Aujourd'hui, elle a décidé de mettre le Parlement face à ses responsabilités. En d'autres termes, elle prévient : si dans deux semaines, les députés rejettent toujours l'accord de divorce qu'elle aura pu négocier avec les Européens, la balle sera dans leur camp et ils devront voter. Un seul vote, une issue très différente.

Soit les parlementaires se dirigent vers le "no deal" (la sortie sans accord de l'Union), soit un nouveau report s'offre à eux, mais un report limité dans le temps. Bref, en attendant le 12 mars, jour où les députés auront à poser un choix, le feuilleton continue...

Changement de stratégie

Oui, Theresa May veut toujours faire aboutir le Brexit. Mais désormais, elle souhaite que le Parlement prenne ses responsabilités. Aujourd'hui, devant la Chambre des communes, elle a suggéré aux députés qui souhaitent quitter l'Union sans accord de le dire clairement. "Le Royaume-Uni ne partira sans accord le 29 mars que s'il y a un consentement explicite de la Chambre pour cette issue", a -t-elle revendiqué devant les parlementaires.

Cela signifie que que Theresa May donne le choix au Parlement. Soit il accepte clairement le "no deal", au cas où l'accord de retrait est une nouvelle fois rejeté le 12 mars. Si la sortie sans accord de l'Union n'est pas l'option choisie, alors Theresa May propose de faire voter un report court et limité du Brexit.

Court et limité

Un report "court et limité", insiste-t-elle, ajoutant que ce report restera une opération unique. Une opération qui, en plus de cela, ne pourra pas s'éterniser au-delà de la fin du mois de juin, c'est-à-dire au moment où le nouveau Parlement européen devra être mis en place. Sans compter sur la délégation britannique. Ce changement de stratégie a été diversement apprécié.

Pour les principaux représentants de l'opposition travailliste, Theresa May ne ferait, une nouvelle fois, que jouer la montre. "La Première ministre se joue des gens", estime Jeremy Corbyn. Quoi qu'il en soit, en laissant aux députés le choix d'un éventuel report du Brexit, Theresa May cède aux pressions, y compris de son propre camp.

D'ici là, elle retourne négocier avec les Européens, car ce report devra faire l'objet d'un feu vert de l'Union, qui s'y est montré ouverte. Le président du Conseil européen a estimé hier "qu'un délai serait une solution rationnelle."

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