Theresa May et le Brexit: l'histoire d'une descente aux enfers

Démission de Theresa May
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Démission de Theresa May - © DANIEL LEAL-OLIVAS - AFP

La carrière à la tête du gouvernement britannique de Theresa May se confond avec l'histoire du Brexit. C'est à l'issue du référendum du 23 juin 2016 que son prédécesseur, David Cameron, démissionne. Il avait en effet fait campagne contre le Brexit mais ce dernier a été adopté avec 51,9% des suffrages et un taux de participation exceptionnellement élevé de 72,2%.

 

13 juillet 2016, nomination officielle comme première ministre.

Deuxième femme de l'histoire britannique à accéder au poste de premier ministre, après Margareth Thatcher, Theresa May se veut une partisane d'un Brexit dur. Elle prône la sortie du marché unique , la fin de l'entrée libre des Européens en Grande Bretagne et la fin de la compétence de la Cour de justice de l'Union Européenne au Royaume-Uni. Elle obtient pour cela la confiance de son parti et la nomination de la reine. 

29 mars 2017: Activation de l'article 50

Il aura fallu neuf mois pour que le gouvernement britannique active finalement l'article 50du traité européen qui préside à la sortie d'un pays de l'Union. La pomme de discorde, déjà le statut des ressortissants de l'Union Européenne en Grande Bretagne et la frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande, toujours membre de l'Union Européenne. 

8 juin 2017: élections législatives anticipées

Afin d'asseoir son influence et pour ne plus dépendre trop des brexiters, Theresa May convoque des élections législatives anticipées. Mais le sort des urnes lui est défavorable et le parti conservateur perd à cette occasion sa majorité absolue. L'opposition travailliste gagne quelques 30 sièges. La position de la première ministre est considérablement affaiblie; 

Juillet 2018, Brexit négocié

Afin de permettre des négociations, Theresa May infléchit sa conduite du Brexit et la consigne dans le plan des Chequers. Une sortie négociée et assortie de périodes d'adaptation. Cette nouvelle optique coûte deux poids lourds à Theresa May dans son gouvernement. Les voix les plus ferventes en faveur du Brexit descendent de l’attelage. Le ministre des affaires étrangères, Boris Johnson et le secrétaire en charge du Brexit, David Davies quittent leurs postes. 

20 septembre 2018: l'humiliation

L'épreuve des Chequers est rudement rejetée par les 27 à Salzbourg. La possibilité du « No Deal » se précise et aiguise les  inquiétudes européennes. Les Européens commencent à préparer des scénarios en cas de sortie non négociée de la Grande Bretagne de l'Union. 

Novembre 2018: l'accord

Après plus d'un an et demi de discussions, un accord apparaît enfin. Il prévoit une période de transition jusqu'en décembre 2020, un système de filet de sécurité, qui permet une solution évitant l’apparition d'une frontière dure entre l'Irlande du Nord et la république d'Irlande en cas de Brexit dur. Le compromis est dénoncé par les brexiters les plus radicaux. Le gouvernement valide néanmoins l'accord. 

15 janvier 2019: le parlement met Theresa May en difficulté

Après de nombreuses tentatives de trouver un accord avec les parlementaires pour une ratification de l'accord, la chambre des représentants rejette durement la copie de Theresa May. 432 voix contre, 202 voix pour seulement. Elle est cependant confirmée à son poste. Elle fait face à une motion de censure déposée par les travaillistes mais y survit par une courte majorité de 325 contre 306. 

12 mars 2019: le parlement rejette à nouveau l'accord

Sans réel nouveau plan d'accord, ce dernier est considéré comme non renégociable par les Européens, mais avec toute une série de clarifications sur les divers éléments de l'accord, essentiellement le « back stop », l'accord est u ne fois de plus rejeté sèchement par les députés britanniques. 391 voix contre 242. La chambre refuse toutefois dans le même temps une sortie du pays sans accord. Et, peu après, il accepte un report du Brexit prévu initialement pour le 29 mars 2019.

29 mars 2019: troisième rejet de l'accord

Après plusieurs tentatives de faire adopter des plans alternatifs à l'accord négocié avec l'Europe, l'accord soutenu par le gouvernement est une fois de plus rejeté. La date du Brexit est repoussée, d'abord au 30 juin, puis finalement au 31 octobre. Report accepté par les 27.

23 mai 2019: élections européennes

Dans un climat frisant le surréalisme, le scrutin européen a été organisé au Royaume-Uni. Théoriquement, celui-ci n'aurait plus du faire partie de l'union. Theresa may abat sa dernière carte en proposant des liens commerciaux plus étroits avec l'UE. Elle laisse même la porte entrebâillée pour la tenue d'un second référendum. Solution également rejetée qui entraîne la démission de l'opiniâtre locataire du 10 Downing street. 

Sujet et direct depuis Londres suite à l'annonce de la démission de Theresa May (JT 13h):

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