"The Wuhan files" : ce que la Chine savait… et ne savait pas au début de la pandémie de coronavirus

"The Wuhan files" : ce que la Chine savait… et ne savait pas au début de la pandémie
"The Wuhan files" : ce que la Chine savait… et ne savait pas au début de la pandémie - © HECTOR RETAMAL - AFP

"Une fuite sans précédent de documents internes Chinois révèle pour la première ce que la Chine savait pendant les premières semaines de la pandémie de Covid-19 et a omis de dire au monde." L’introduction de cette vidéo de CNN diffusée le 1er décembre dernier est claire : les autorités chinoises ont caché des éléments importants pour comprendre et gérer le virus au début de l’année 2020.

Ainsi, le 17 février quand les autorités annoncent 93 décès confirmés, il y en aurait en réalité 196. Quelques jours plus tôt, le 10 février, la province du Hubei a enregistré 5918 cas, alors que les services de santé en déclarent… 2478 pour tout le pays.

Le long article qui accompagne la vidéo de CNN est plus nuancé. Il montre surtout ce que la Chine savait, ce qu’elle ne savait pas, ce qu’elle a bien voulu communiquer au monde entier… et explique dans quelle situation se trouvait son système de santé à cet endroit à l’aube de l’arrivée d’un virus jusqu’ici inconnu.


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Tout est parti d’une série de documents provenant du Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de la province de Hubei. Ils ont été fournis à CNN par un lanceur d’alerte. En fouillant dans le code informatique de ces fichiers, les journalistes de la chaîne américaine ont pu mettre la main sur des données modifiées au fil du temps. "Les autorités chinoises ont donné au monde des données plus optimistes que celles auxquelles ils avaient accès en interne", écrit CNN.

Mais les chiffres internes étaient-ils justes ? Selon le média américain, "le système chinois mettait en moyenne 23 jours pour confirmer qu’un patient était positif". Sans compter que de nombreux faux négatifs ont été comptabilisés dans les premières semaines, faussant ainsi le regard sur la réalité de la situation.

En somme, résume le docteur Amesh Adalja du Johns Hopkins Center for Health Security cité par CNN : "Vous regardez des données d’il y a trois semaines en vue de prendre des décisions pour aujourd’hui."

Un système de santé fragilisé par une épidémie de grippe

Par ailleurs, ajoute CNN qui cite un audit interne dont la rédaction commence en octobre 2019, le système de santé chinois était "sous-financé, sous-staffé, composé d’employés démotivés, le tout basé sur un modèle de gouvernance bureaucratique". Quant au système informatique, il ne permettait pas un suivi efficace et rapide de l’épidémie dès les premières semaines.

Autre élément important : une forte épidémie de grippe a frappé la province de Hubei début décembre 2019. De quoi causer un afflux de patients dans les hôpitaux et – c’est une hypothèse – contribuer à la diffusion d’un autre virus que personne n’avait encore formellement identifié jusque-là.

Le pouvoir chinois a donc tenté de minimiser l’importance du virus au début de la pandémie. Ce n’est d’ailleurs pas neuf : début 2020, les médias du monde entier évoquaient le cas du docteur Li Wenliang, l’un des premiers à avoir donné l'alerte.

L’homme officiait dans la métropole chinoise et avait tenté d’alerter ses confrères sur la dangerosité du Covid-19, mais ceux-ci ne l’avaient pas pris au sérieux. La police l’avait même arrêté pour avoir répandu des rumeurs, avant de le relâcher et de l’autoriser à retrouver le chemin du travail. Âgé de 34 ans, Li Wenliang, avait été hospitalisé début janvier après une infection au Covid-19. Il est décédé le 6 février dernier.

 

 

Journal télévisé 07/02/2020

Début 2020, les médias du monde entier évoquaient le cas du docteur Li Wenliang, l’un des premiers à avoir donné l'alerte.

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