Thaïlande: des intellectuels contre le crime de lèse-majesté

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Un groupe d'universitaires a lancé mercredi une campagne pour amender la sévère législation thaïlandaise sur le crime de lèse-majesté, alors que les autorités de Bangkok ont récemment intensifié la lutte contre ce qu'elles perçoivent comme des insultes à la famille royale.

Plus de cinquante intellectuels étrangers et thaïlandais, dont le célèbre linguiste et professeur de gauche américain Noam Chomsky, ont signé une lettre adressée au nouveau Premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva affirmant que la législation locale visant à protéger l'image du roi était utilisée pour "réprimer" des opposants politiques.

Lors d'une conférence de presse au club des correspondants étrangers à Bangkok, l'universitaire thaïlandais Thongchai Winichakul a déclaré, via une liaison vidéo depuis les Etats-Unis, que "la loi (sur le crime) de lèse-majesté avait créé un climat de peur" en Thaïlande. "Combien de temps allons-nous rester sans rien faire?"a-t-il demandé.

Toute atteinte à la dignité du roi Bhumibol Adulyadej, 81 ans, ou des membres de sa famille, est passible de 15 ans de prison en Thaïlande.

Le mois dernier, un auteur australien, Harry Nicolaides, avait bénéficié d'une grâce après avoir été condamné à trois ans de prison pour avoir critiqué le prince héritier dans une nouvelle.

Le mois dernier également, Giles Ji Ungpakorn, professeur thaïlandais de sciences politiques, s'était enfui en Grande-Bretagne après avoir été accusé d'avoir insulté la famille royale dans un livre sur le coup d'Etat fomenté par des généraux royalistes en 2006 à Bangkok. Bhumibol est le plus ancien monarque en exercice dans le monde.

Il est sur le trône de Thaïlande depuis près de 63 ans et est immensément révéré par nombre de ses sujets, éduqués dans le respect de la monarchie.

Le nouveau gouvernement thaïlandais, qui a pris ses fonctions en décembre, a intensifié la répression du crime de lèse-majesté et a notamment bloqué l'accès à plus de 4 800 pages web dont les contenus étaient jugés insultants pour la monarchie.

(Belga)

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