Thaïlande : des dizaines de milliers de manifestants pro-démocratie défilent à Bangkok

Manifestation pro-démocratie à Bangkok
Manifestation pro-démocratie à Bangkok - © JACK TAYLOR - AFP

Des dizaines de milliers de militants pro-démocratie ont bravé samedi, pour la troisième journée de suite, l'interdiction de rassemblement à Bangkok. Ils ont réclamé la démission du Premier ministre et une réforme de la monarchie, avant de se disperser dans le calme.

Les tensions de vendredi, où la police a évacué les protestataires à l'aide de canons à eau et procédé à une série d'interpellations, n'ont pas dissuadé la contestation étudiante. Samedi, cette dernière s'est déployée sur plusieurs sites hors du centre-ville, rendu difficile d'accès après la fermeture de toutes les lignes de métro par les autorités.

Des milliers de personnes se sont rassemblées dans le nord de la mégalopole, scandant 'Prayut va te faire foutre! ' et levant trois doigts, un geste de résistance emprunté au film 'Hunger Games'. De l'autre côté de la rivière Chao Phraya, des milliers de protestataires ont crié 'Vive le peuple, à bas la dictature! ', tandis que d'autres bloquaient la circulation dans le sud-est de la ville.

Panupong 'Mike'Jadnok, une tête d'affiche de la contestation, a été interpellé, selon des images retransmises en direct sur les réseaux sociaux. Il est poursuivi pour avoir violé l'interdiction de rassemblement.

D'autres manifestations ont eu lieu dans le pays.

Le mouvement, qui défile depuis trois mois, réclame la démission du Premier ministre Prayut Chan-O-Cha, porté au pouvoir par un coup d'Etat en 2014 et légitimé par des élections controversées l'année dernière. Il ose aussi demander une réforme de la puissante et richissime monarchie, un sujet tabou dans le pays. Le roi Maha Vajiralongkorn n'a pas directement commenté les événements en cours, mais a déclaré à la télévision publique que la Thaïlande a 'besoin d'un peuple qui aime son pays, d'un peuple qui aime l'institution' que représente la monarchie.

Jeudi et vendredi, plusieurs milliers de personnes s'étaient déjà réunies dans le centre de la capitale, malgré la promulgation d'un décret d'urgence interdisant tout rassemblement de plus de quatre personnes. Des dizaines de personnes ont été interpellées ces quatre derniers jours, dont neuf leaders du mouvement pro-démocratie. Certains ont été libérés sous caution, d'autres comme Anon Numpa, particulièrement virulent envers la royauté, ont été emprisonnés dans le nord du pays.

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