Tentative de coup d'Etat en Turquie: vingt-huit maires relevés de leurs fonctions

Il y a deux jours, la ville de Diyarbakir a été le théâtre d'une manifestation contre la suspension de 11 000 professeurs suite à la tentative de coup d'Etat.
Il y a deux jours, la ville de Diyarbakir a été le théâtre d'une manifestation contre la suspension de 11 000 professeurs suite à la tentative de coup d'Etat. - © ILYAS AKENGIN - AFP

La Turquie a relevé dimanche de leurs fonctions 28 maires soupçonnés d'être liés aux militants kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ou à l'ex-prédicateur Gülen, accusé d'être à l'origine du putsch avorté mi-juillet, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Suleyman Soylu.

Les 28 élus démis de leurs fonctions ont été remplacés par des administrateurs proches du parti au pouvoir, a précisé le ministre dans des propos rapportés par l'agence Dogan.

Les mairies ne peuvent être contrôlées plus longtemps par "les terroristes ou leurs chefs qui donnent des instructions depuis Qandil (bastion du PKK en Irak)", a estimé Suleyman Soylu.

Accusations de liens avec des milices kurdes

Parmi les 28 maires, 24 sont accusés d'avoir des liens avec la milice kurde et quatre avec la confrérie güleniste, a détaillé le ministre de l'Intérieur, précisant que 12 d'entre eux étaient déjà emprisonnés.

Cette réorganisation a été mise en œuvre dans le cadre de l'Etat d'urgence décrété après la tentative de coup d'Etat du 15 juillet.

"C'est une violation des droits de l'homme" et des "traités internationaux", a réagi le parti HDP (Parti démocratique du peuple, prokurde) dans un communiqué. "Il n'y a pas de différence entre bombarder un Parlement élu par le peuple et déloger des élus municipaux" choisis en 2014, a-t-il estimé.

Dans la nuit du 15 au 16 juillet, alors qu'une tentative de coup d'Etat se déroulait en Turquie, le Parlement turc avait été bombardé à Ankara.

"Etre élu ne donne pas le droit de commettre un crime", a répondu sur le réseau social Twitter le ministre de la Justice Bekir Bozdag, balayant les critiques sur une carence démocratique.

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