Tensions Iran/Israël: le plateau du Golan, principal contentieux israélo-syrien

Tensions Iran/Israël: le plateau du Golan, principal contentieux israélo-syrien
Tensions Iran/Israël: le plateau du Golan, principal contentieux israélo-syrien - © JALAA MAREY - AFP

Le plateau du Golan, théâtre d'échange de tirs de missiles dans la nuit de mercredi à jeudi entre Israël et les forces iraniennes en Syrie, est stratégique pour les deux pays.

Riche en eau, il surplombe la Galilée et le lac de Tibériade du côté contrôlé par Israël et commande la route vers Damas du côté syrien.

Conquis en juin 1967

L'armée israélienne a conquis le 9 juin 1967 ce plateau d'où l'armée syrienne pilonnait les positions israéliennes en contrebas. Une poche supplémentaire d'environ 510 km2 a été occupée par Israël lors de la guerre d'octobre 1973, puis restituée en 1974, avec une petite partie des territoires occupés en 1967.

L'accord de 1974 a aussi créé une zone-tampon démilitarisée. Depuis, une force des Nations unies pour l'observation du désengagement (FNUOD) est chargée de contrôler le respect de cet accord.

Quelque 1.200 km2 du plateau du Golan, frontalier également du Liban et de la Jordanie, ont été annexés par Israël en 1981, une action jamais reconnue par la communauté internationale.

Lors des guerres de 1967 et 1973, près de 150.000 personnes, soit la majorité des habitants syriens du Golan, ont fui le plateau. Seuls restent aujourd'hui quelque 18.000 Druzes, dont la quasi-totalité ont refusé la carte d'identité israélienne.

Depuis 1967, près de 20.000 colons israéliens s'y sont installés, répartis aujourd'hui dans 33 implantations, essentiellement agricoles.

Ressources en eau

L'intérêt d'Israël et de la Syrie pour le Golan est d'autant plus grand qu'il comprend d'importantes sources, en particulier celles du Banyas, qui alimente le Jourdain. Le Hasbani, qui prend sa source au Liban, traverse le Golan avant de se déverser dans le Jourdain, de même que la rivière Dan.

La question de l'eau a été, au milieu des années 1960, l'une des principales causes du contentieux israélo-syrien, à l'origine de la guerre de juin 1967. Damas avait alors accusé l'Etat hébreu d'avoir détourné les sources du Jourdain.

Lancées dans les années 1990, les négociations israélo-syriennes ont toutes achoppé sur la question du Golan, dont la Syrie réclame la restitution totale jusqu'aux rives du lac de Tibériade.

Le quotidien israélien Yediot Aharonot a rapporté en octobre 2012 que de nouvelles négociations en 2011 avaient tourné court en raison du soulèvement en Syrie.

Regain de tension depuis 2011

Le conflit syrien a tendu la situation depuis le printemps 2011: le 15 mai et le 5 juin, anniversaires de la création d'Israël et de la guerre de 1967, l'armée israélienne avait ouvert le feu contre des réfugiés palestiniens et des Syriens qui tentaient de franchir la ligne de cessez-le-feu, faisant une trentaine de morts selon l'Onu.

Le Golan a depuis été notamment le théâtre d'intenses combats entre les rebelles et le régime syriens. Des casques bleus de l'Onu ont parfois été pris à partie, comme ces 45 Fidjiens pris en otage par le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, puis relâchés en 2014.

Les tirs au mortier en provenance de la Syrie en guerre, rarement mortels, sont devenus fréquents sur le plateau. Israël riposte à chaque fois, que le tir soit errant ou intentionnel.

En janvier 2015, dans un raid visant le Hezbollah libanais, Israël a tué des militaires iraniens dont un général.

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