Tensions au Bélarus : les autorités suspendent un média influent

Tensions au Bélarus : les autorités suspendent un média influent
Tensions au Bélarus : les autorités suspendent un média influent - © Tous droits réservés

Les autorités du Bélarus ont suspendu mardi pour trois mois le site internet d'informations indépendant Tut.by, qui couvre activement le mouvement de protestation contre le président Alexandre Loukachenko, sa rivale Svetlana Tikhanovskaïa dénonçant une mesure contre le "droit à la vérité."

Dans un communiqué, le ministère bélarusse de l'Information a annoncé que Tut.by serait "suspendu" du 1er octobre au 30 décembre.

Cette arrêt provisoire survient dans la cadre d'une procédure judiciaire en cours déclenchée par le ministère pour demander la "fermeture" de ce site.

Le ministère dit avoir entamé cette procédure après le signalement par "des organes gouvernementaux (...) d'informations dont la diffusion est interdite".

La nature précise de ces informations n'a pas été précisée.

Mouvement de protestation historique

Depuis l'élection présidentielle du 9 août, le Bélarus est secoué par un mouvement de protestation d'une ampleur historique contre le président Alexandre Loukachenko, dont la réélection est jugée frauduleuse par ses opposants.

Des dizaines de milliers de manifestants se rassemblement désormais chaque semaine pour exiger sa démission, malgré la pression policière.

Les principales personnalités de l'opposition et des journalistes ont été emprisonnés ou contraints à l'exil.

Inauguré en 2000, Tut.by est le principal média indépendant au Bélarus et a déjà subi des pressions du pouvoir. Ce site est à la pointe de la couverture des dernières manifestations, diffusant de nombreuses vidéos et des images virales des rassemblements d'opposants et de la répression dont ils sont la cible.

Dans un communiqué, Tut.by a confirmé "avoir perdu à partir du 1er octobre son statut de média" qui lui donnait notamment la possibilité de transmettre des informations légalement "à partir de zones de conflit ou à risque, au cours de grandes manifestations et d'événements sociétaux importants" au Bélarus.

Il a toutefois annoncé qu'il allait continuer à fonctionner "de façon habituelle en tant que site internet", ajoutant n'avoir obtenu le statut de média qu'en 2019.

Faute d'accréditation, plusieurs médias proches de l'opposition travaillent au Bélarus illégalement. Des correspondants de médias occidentaux ont par ailleurs perdu leur accréditation depuis le début de la contestation.

En exil en Lituanie, la rivale du président Loukachenko, Svetlana Tikhanovskaïa, a qualifié cette suspension de nouvelle tentative du pouvoir de "prolonger son existence".

"Le régime a montré aujourd'hui comment il prive les Bélarusses de leur droit à la vérité", a-t-elle dénoncé, citée par son service de presse.

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