Tempête autour d'un centre de contre-espionnage parrainé par l'Otan à Varsovie

Le nouveau pouvoir polonais a soulevé une tempête politique en faisant investir dans la nuit de jeudi à vendredi un centre de contre-espionnage polono-slovaque à Varsovie parrainé par l'Otan, pour en expulser l'ancienne direction, opération décriée par l'opposition.

Des responsables du ministère de la Défense, accompagnés de la gendarmerie militaire, ont pénétré dans les locaux du centre à 01h30 (même HB), a indiqué à la télévision publique son ancien chef, le colonel Krzysztof Dusza.

"Je leur ai dit que leur présence ici était illégale. Quand ils sont partis, j'ai demandé à la gendarmerie de poser des scellés sur la porte", a-t-il ajouté.

Selon un responsable de l'Otan à Bruxelles, cette affaire ne concerne que les autorités polonaises. "Le Centre d'excellence du contre-espionnage en Pologne ("NATO's Counter Intelligence Centre of Excellence") n'a pas encore été accrédité par l'Otan", a-t-il déclaré à l'AFP.

"De manière générale, les centres d'excellence sont des centres de recherche internationaux, financés et dotés en personnel à l'échelle nationale ou multinationale pour travailler aux côtés de l'Alliance, mais ce ne sont pas des organismes de l'Otan", a-t-il expliqué.

Le chef de la diplomatie polonaise, Witold Waszczykowski, a expliqué pour sa part à la radio publique que "les représentants polonais travaillant au centre ont perdu le droit d'accès aux documents confidentiels et ont dû être remplacés par d'autres qui ont un tel droit".

Le ministère de la Défense a indiqué dans un communiqué laconique avoir introduit dans les locaux de ce centre le nouveau directeur par intérim, le colonel Robert Bala.

Un vice-ministre de la Défense, Bartosz Kownacki, a ensuite dit à la presse que les responsables du centre étaient démissionnaires depuis une semaine et "occupaient illégalement ses locaux, refusant d'obtempérer aux ordres" de leurs supérieures.

De son côté, l'ex-ministre libéral de la Défense Tomasz Siemoniak a qualifié l'opération nocturne de "scandale absolu", un "fait sans précédent dans un pays membre de l'Alliance" atlantique, selon lui.

"Je présente au nom de la Pologne mes excuses aux autorités slovaques, a-t-il ajouté.

L'actuel ministre de la Défense Antoni Macierewicz, un "dur" du parti conservateur Droit et Justice (PiS) au pouvoir, s'était déjà illustré par de vastes purges au sein du renseignement militaire polonais quand il avait occupé le même poste au début des années 1990.

La création de ce centre d'excellence a été officiellement décidée en octobre. Provisoirement installé à Varsovie, il doit avoir son siège définitif à Cracovie (sud) et une filiale de formation militaire à Lest, dans le sud de la Slovaquie.

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