Coronavirus : le personnel de l'hôtel confiné de Tenerife témoigne

Vanesa travaille comme cuisinière à l’hôtel "Costa Adeje Palace". Elle n’est pas confinée à l’intérieur de l’hôtel mais elle est contact avec ses collègues qui sont à l’intérieur.

Une certaine normalité

Vanesa se pose beaucoup de questions mais jusque-là, elle se sent très bien. Elle prend régulièrement des nouvelles de ces collègues qui sont à l’intérieur de l’hôtel sans pouvoir sortir. "Nos collègues travaillent très dur à l’intérieur pour offrir un minimum de services aux clients, raconte-t-elle. Ils essaient autant qu’ils peuvent de leur fournir une certaine normalité."

Un représentant du patonat local prétend que tout fonctionne normalement à l'intérieur. Roberto Ucelay est formel. "Tout le monde travaille normalement, très conscieusement pour les clients. Ils doivent être environ 250 à l'intérieur je ne sais pas exactement. "

Vanesa ne se sent pas réellement inquiète pour sa propre santé mais parmi ses proches, certains sont inquiets : "Personnellement je me sens bien. Mais il y a malgré tout cette incertitude qui plane, savoir si on a attrapé le virus ou pas. On ne peut pas le savoir tout de suite, on ne le saura qu’après plusieurs jours. Ça m’inquiète et la plupart de mes collègues aussi. Que va-t-il se passer ?"

Jusqu’où pourrait aller le confinement ?

Certains habitants de l’île se demandent si le virus pourrait se répandre en dehors de l’hôtel. Un groupe d’une centaine de touristes qui sont arrivés lundi, et n’ont eu aucun contact avec les Italiens atteints par le virus devraient pouvoir quitter l’hôtel bientôt. Mais personne ne semble savoir quand exactement. "On se demande comment on va gérer tout ça, explique Vanesa aux journalistes présents. Est-ce que tous les membres des familles du personnel devront rester à la maison ? Ou alors juste moi parce que j’ai été exposée pendant que je travaillais. Même si je n’ai eu aucun contact avec ces clients. C’est vraiment l’incertitude qui règne." Les questions sont encore nombreuses y compris parmi les représentants des travailleurs hôteliers. "Nous savons que ce virus est sérieux, notamment au niveau de la propagation, affirme Manuel Fiota, représentant syndical. Mais nous devons éviter toute forme d’alarmisme. C’est comme avec tout autre virus, qui peut être beaucoup plus problématique pour les gens qui ont des problèmes respiratoires ou une immunité faible. Il faut que le protocole s’applique, on y travaille calmement, on surveille l’évolution de la situation."

Du personnel médical volontaire veille sur les touristes

Alors que les abords de l’hôtel sont toujours surveillés par des policiers, on distingue aussi des membres du personnel qui portent des masques. Il y a aussi des ambulances qui sont visibles et des membres des services de santé. Carlota en fait partie, elle est infirmière volontaire et est donc autorisée à ce titre à entrer dans l’enceinte du complexe. "Ce qui nous effraie vraiment c’est que d'autres personnes soient infectées. Ce sont a priori des gens en bonne santé et ce virus n’est pas mortel. Nous ne devrions pas avoir de problème. " Elle ne veut pas vraiment en dire plus et se dirige ensuite vers les barrières rouges qui servent de check point pour vérifier qui entre et qui sort de l’hôtel.

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