"Abou Suleiman Al Belgiki" nie être le bourreau de Raqqa

Témoignage d'"Abou Suleiman Al Belgiki", le bourreau présumé de Daesh à Raqqa
Témoignage d'"Abou Suleiman Al Belgiki", le bourreau présumé de Daesh à Raqqa - © RTBF/Paris Match

Le Belge Anouar Haddouchi est parti rejoindre les rangs de Daesh en septembre 2014. Frédéric Loore, journaliste à Paris-Match a pu le rencontrer lors de son récent séjour dans le Nord-Est de la "Rojava", la zone frontière sous contrôle kurde entre la Syrie et la Turquie.

Jusqu’à la défaite des djihadistes, Anouar Haddouchi est suspecté d’avoir combattu dans le réduit de Baghouz aux côtés de l’organisation Etat islamique. Détenu depuis 2019 par les Kurdes, il est soupçonné d’avoir commis des atrocités à Raqqa, la capitale syrienne de l’Etat islamique autoproclamé.

Plusieurs témoignages fiables dénoncent un certain "Abou Suleiman Al Begiki" comme le bourreau de Raqqa, l’homme qui décapitait par dizaines en place publique les victimes de Daesh. Ces accusations sont aujourd’hui niées en bloc par Anouar Haddouchi. Des djihadistes belges se désignaient parfois par des noms de guerre similaires. Il subsiste donc un doute qu’il appartiendra à la justice de tenter de lever.

Soutien financier d’Abrini ?

Mais Anouar Haddouchi est aussi soupçonné d’avoir joué un rôle actif dans le financement de la cellule responsable des attentats de Paris et de Bruxelles. On se souviendra d’un court voyage entrepris par Mohamed Abrini, "l’homme au chapeau" à Birmingham. C’était peu avant les attentats du 13 novembre 2015. C’est dans cette ville anglaise qu’Anouar Haddouchi était parti s’installer avec sa famille. Les enquêteurs ont découvert que son compte bancaire a été à l’époque débité d’une somme de 3000 livres sterling (3500 euros), somme remise à Mohamed Abrini.

Dans sa prison kurde, Haddouchi conteste également tout rôle actif dans l’aide aux terroristes qui ont frappé à Paris et à Bruxelles.

"Bien en Belgique"

Anouar Haddouchi espère pouvoir rentrer en Belgique pour être jugé "s’il le faut" en ajoutant "mais pourquoi ?". Il voudrait retrouver sa famille dont il n’a plus de nouvelles dit-il. Ajoutant qu’il continue à croire en Dieu mais qu’il y a longtemps qu’il ne croit plus en "Daesh"(le Califat). Si un nouvel Etat islamique devait renaître "ce sera sans moi" conclut-il avant d’admettre "qu’il était bien en Belgique".


►►► Retrouvez l’interview complète réalisée par nos confrères de Paris Match ci-dessous

 

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