Taxe carbone : l'Europe fait marche arrière

Vers une régulation mondiale : rêve ou réalité ?

Changement de cap dans le ciel européen : onze mois après sa mise en application, la commissaire européenne au climat, Connie Hedegaard, décide de geler sa taxe carbone, espérant ainsi la négociation d’un accord mondial par l’organisation internationale des transports aériens. Elle argumente : "nous nous sommes battus pendant des années en Europe et nous nous sommes retrouvés un peu seuls mais vendredi dernier l'organisation internationale de l'aviation civile a pris une série de décisions qui indiquent qu'ils veulent nous faire progresser vers une régulation internationale d'ici septembre prochain".

Un aveu de faiblesse ?

Isabelle Durant, députée européenne Ecolo, comprend la démarche de la commissaire qui cherche à "donner une chance à un projet qui dépasse les frontières de l’Union et pour tout le monde joue le jeu au niveau mondial".  Mais elle craint aussi qu’il s’agisse d’un aveu de faiblesse de la part de l’Europe qui aurait des difficultés à imposer ses idées.

Les Etats-Unis et la Russie n’en veulent pas

Il est difficile pour l’Europe de mettre cette fameuse taxe carbone sur pieds quand on sait que la plupart des autres pays, Etats-Unis et Russie en tête, ne veulent pas en entendre parler. Ces deux grandes nations l’ont même carrément boycottée depuis le départ.

Les compagnies européennes pénalisées

Le problème est que cette taxe est toujours d'application pour les vols intra-européens, ce qui pénalise les compagnies européennes. Isabelle Durant, comprend cette difficulté, mais pour elle il faut aller de l’avant et "négocier avec les compagnies la manière de mettre la taxe en œuvre en attendant que l’on trouve un système à l’échelle internationale, qui permettrait à tous d’avoir un comportement plus vertueux en termes d’émissions de CO2".

Si l'Europe se veut un exemple en matière environnementale, encore faut-il qu'elle ait les moyens d'imposer aux autres sa politique.

I.L. avec Lucie Dendoven

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK