TATP, l'explosif des attentats de l'EI: ses composants encadrés partout... sauf en France

L'explosif des attentats de l'EI: une formule complexe mais des ingrédients courants.
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L'explosif des attentats de l'EI: une formule complexe mais des ingrédients courants. - © Wikipedia

Le TATP, la substance découverte mardi à Marseille dans le sud de la France dans l'appartement de deux suspects, est une poudre blanche au redoutable pouvoir détonant devenue, parce qu'elle se fabrique avec des ingrédients du commerce, l'explosif de prédilection des jihadistes. C'est aussi de TATP qu'étaient constitués les gilets et bombes que des jihadistes ont fait détonner dans l'aéroport et le métro de Bruxelles en mars 2016, faisant au moins 32 morts et 340 blessés, dont beaucoup atteints de graves brûlures. Un explosif qu'on peut fabriquer "dans sa cuisine" pour autant qu'on vous y ait initié, et qui pose le problème de la trop grande disponibilité des ingrédients, dont certains sont très communs: acétone, eau oxygénée et un acide (sulfurique, chlorhydrique ou nitrique), produits tous faciles à trouver dans le commerce.

C'est justement pour lutter contre sa fabrication que la Commission européenne a adopté en janvier 2013 un règlement encadrant "la commercialisation et l'utilisation des précurseurs d'explosifs" qui prévoit de "restreindre et de contrôler l’accès à plusieurs produits chimiques dangereux, susceptibles d’être utilisés par les terroristes pour fabriquer des explosifs de manière artisanale".

Problème, révèle le Canard Enchaîné: tous les pays l'ont intégré dans leur législation... sauf trois: Chypre, la Roumanie... et la France, qui ont été tous trois sommés de réagir au plus vite. Ainsi, le 15 février dernier, la Commission constatait que la France n'avait pas encore adopté toutes les règles nécessaires pour appliquer ce règlement, et menaçait l'Etat français de le traîner devant la Cour européenne faute d'une réponse dans les deux mois.

 

Joint par le Canard Enchaîné, le ministère de l'Intérieur français reconnaissait avoir accumulé les retards dans ce dossier pourtant hautement sensible. Il lui a fallu deux ans et demi pour un projet de décret prévoyant un registre recensant les achats de produits suspects.... recalé par la conseil d'Etat, car le projet ne prévoyait que des fichiers "papier" et non informatiques. La nouvelle version n'était pas prévue avant l'été...

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