Tadjikistan: l'émeute meurtrière dans une prison revendiquée par l'EI

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L'émeute qui a fait au moins 26 morts dans une prison du nord-est Tadjikistan a été initiée par un "ancien membre" de l'organisation Etat islamique (EI), qui l'a revendiquée, a indiqué vendredi une source sécuritaire, alors que les autorités gardent le silence.

Le groupe djihadiste a revendiqué via son agence de propagande Amaq être à l'origine de cette émeute qui a eu lieu mercredi et jeudi dans une prison de haute sécurité de Khodjent, ville de 700.000 habitants située à 300 km de Douchanbé, la capitale de ce pays autoritaire d'Asie centrale.

Selon une source interrogée par l'AFP, 26 prisonniers, un garde et un soldat ont été tués lors des échauffourées initiées par "un ancien membre de l'EI", détenu dans cet établissement qui accueille un millier de personnes condamnées à de longues peines, pour des crimes tels que meurtre ou extrémisme.

Cette source indique que le but de l'émeute était de "donner le coup d'envoi pour une évasion", qui a échoué. Les forces spéciales avaient été envoyées sur place pour restaurer l'ordre parmi les prisonniers, qui étaient armés d'"objets coupants" récupérés à l'atelier de la prison.

D'autres sources ont donné le chiffre de 26 morts, dont un gardien et un soldat. Les autorités tadjikes n'ont pas reconnu publiquement l'existence de cette émeute. Une enquête a été ouverte, selon les personnes interrogées par l'AFP.

La prison de Khodjent a fait l'objet de tentatives d'évasion dans le passé: un gardien et un prisonnier avaient été tués il y a deux ans lorsque trois détenus ont tenté de s'échapper. Le ministre de l'Intérieur avait alors affirmé que ces derniers avaient l'intention de "rejoindre les rangs" de l'EI une fois dans la nature.

Le Tadjikistan, un pays laïc dont la population est majoritairement sunnite, fait de la lutte contre l'intégrisme religieux une priorité. Les autorités de ce pays voisin de l'Afghanistan estiment que plus de mille Tadjiks ont rejoint les djihadistes en Irak et en Syrie.

En juillet, quatre cyclotouristes étrangers - deux Américains, un Néerlandais et un Suisse - avaient été assassinés au Tadjikistan dans une attaque revendiquée par l'EI, que les autorités ont préféré imputer à un parti d'opposition interdit.

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