"Systématiser le Front républicain donnerait raison à Marine Le Pen"

"Systématiser le Front républicain peut engendrer à long terme des dégâts plus grands que l'arrivée d'un leader d'extrême droite!" Jérôme Jamin, spécialiste de l'extrême droite en Europe, met en garde contre les effets pervers d'une répétition du Front républicain à quelques jours du 2e tour de la présidentielle française.

Et les effets pervers se font déjà sentir dans l'Hexagone! "Le Front républicain est tellement institutionnalisé que les partis traditionnels ne voient plus l'arrivée de Marine Le Pen comme une menace puisque de toute façon on réactive le Front républicain", argumente le professeur de science politique à l'Université de Liège au micro d'Arnaud Ruyssen dans Soir Première.

Qualifiant les résultats du 1er tour de la présidentielle française de "désastre", Jérôme Jamin a encore précisé que le Front républicain donnait en quelque sorte raison à Marine Le Pen "lorsqu'elle évoque le clivage système/anti-système".

La responsabilité de Macron

 

Partisane du Front républicain, la députée bruxelloise socialiste, Simone Susskind, dénonce la banalisation dont jouit le Front national: "On a fait du parti de Marine Le Pen un parti acceptable, on l'a vue sur toutes les chaînes de télévision, sur tous les réseaux, dans la presse. Elle intervient comme si elle faisait parti du jeu politique, c'est une très grave erreur que l'on a commise (...) Ce qui est en train de se passer est beaucoup plus grave qu'en 2002!"

Après sa victoire face à Jean-Marie Le Pen, Jacques Chirac avait promis une politique plus inclusive. Quinze ans plus tard, le Front national est, non seulement, au second tour de l'élection présidentielle mais semble battre ses records de voix scrutin après scrutin. Un bilan qui fait dire à Rachida Dati, ex-ministre française de la Justice, que le Front républicain est obsolète.

Après l'échec de Jacques Chirac, Simone Susskind estime donc que la responsabilité d'Emmanuel Macron, s'il est élu, sera énorme: 

Le cas Mélenchon 

 

Au soir du 1er tour, alors que les premiers ralliements à Emmanuel Macron se faisaient entendre, les observateurs scrutaient ce qu'allaient faire Jean-Luc Mélenchon et ses 20%. Sa déclaration de dimanche soir a laissé perplexes nombre de Français. Le leader de la France insoumise n'a pas appelé à voter en faveur de l'un des deux candidats: 

 

 

"Dans son discours de campagne, Jean-Luc Mélenchon a fait comprendre à ses électeurs que Macron et Le Pen, ce sont deux catastrophes qui sont sur un pied d'égalité. C'est donc impossible pour lui de dire que l'un est plus une catastrophe que l'autre!", analyse Jérôme Jamin. La première catastrophe est le système qu'il dénonce, l'autre, le fascisme.

Pour Simone Susskind, le positionnement de Jean-Luc Mélenchon concourt à la banalisation "alors que les études montrent que 15 à 20% de ses électeurs iront voter Le Pen". La députée bruxelloise socialiste renchérit "Rappelons que depuis le début de la guerre en Syrie, Mélenchon ne s'est jamais exprimé contre le régime de Bachar el-Assad!

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK