Syrie: un journaliste arrivé clandestinement à Hama témoigne

Un tank dans la ville de Hama
Un tank dans la ville de Hama - © EPA/AL ARABIYA

Sur la situation en Syrie peu d'informations filtrent. La présence de journalistes sur place est interdite, les visas sont systématiquement refusés pour la presse. Pourtant, l'un de nos confrères de la Radio Suisse Romande a pu se rendre clandestinement à Hama. Il témoigne.

Dans cette ville rebelle, depuis dimanche, au moins 130 civils ont perdu la ville dans des offensives de l'armée. Hama est aujourd'hui totalement contrôlée par l'armée et coupée du monde.

Gaëtan Vannay est le seul journaliste étranger à avoir pu se rendre sur place. Il témoigne des réalités de la contestation sur place : "Oui c'était dimanche matin à 4h30, c'est à ce moment que le cri d'alerte des veilleurs qui surveillaient les entrées de Hama a commencé à retentir. Les mosquées ont  pris le relai avec en arrière-fond déjà les sons des premiers tirs, des tanks et des forces de sécurité du régime. Des tirs déjà à l'arme légère et aussi à l'arme lourde. Alors les habitants, ceux qui voulaient défendre la ville sont descendus dans la rue. Armés de bâtons, de couteaux avec aussi des cocktails molotovs pour certains. Les tanks ont écrasé les premières barricades dérisoires qui avaient été mises en place pour protéger la ville. Et les chars avançaient accompagnés de ces fameuses forces de sécurité. Elles sont très craintes. Alors hommes et chars tiraient de façon indiscriminée en avançant sur tout ce qui bougeait et puis les tanks ont pris position dans la ville et de ses positions, ils tiraient contre les maisons, contre les personnes qui passaient dans leur ligne de mire. Et cette entrée des chars des forces de sécurité ce dimanche matin se sont faites après dix jours sur place où j'étais, où je n'ai pu constater que des manifestations pacifiques".

RTBF

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