Syrie: Trump a discuté avec Erdogan d'un "retrait coordonné" des troupes américaines

Trump et Erdogan lors du sommet du G20 le 1er décembre 2018
Trump et Erdogan lors du sommet du G20 le 1er décembre 2018 - © MURAT CETINMUHURDAR - AFP

Le président américain Donald Trump a affirmé dimanche avoir discuté avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan du retrait "lent et extrêmement coordonné" des troupes américaines de Syrie.

"Je viens d'avoir une conversation téléphonique longue et productive" avec Recep Tayyip Erdogan, a-t-il tweeté, ajoutant avoir également discuté du groupe Etat islamique (EI), "de notre engagement mutuel en Syrie" et de relations commerciales "considérablement accrues".

Donald Trump a ordonné mercredi le départ dès que possible des quelque 2.000 militaires américains stationnés dans le nord-est de la Syrie où ils luttent aux côtés des milices arabo-kurdes contre les djihadistes. Le président a estimé que les troupes n'étaient plus utiles car l'EI était "en grande partie vaincu".

Recep Tayyip Erdogan a confirmé la conversation sur son compte Twitter, affirmant qu'ils s'étaient "mis d'accord sur une coordination renforcée sur de nombreux sujets dont les relations commerciales et la situation en Syrie".

Soumises à de fortes tensions notamment en raison du soutien américain aux Kurdes, les relations entre Ankara et Washington -deux alliés au sein de l'Otan - se sont nettement détendues depuis la libération en octobre d'un pasteur américain détenu pendant un an et demi.

La présidence turque a ensuite assuré dimanche que les deux dirigeants avaient "convenu d'assurer la coordination entre les militaires, les diplomates et d'autres responsables de leurs pays pour éviter un vide de pouvoir qui pourrait résulter d'une exploitation du retrait (américain, NDLR) et de la phase de transition en Syrie".

Que vont devenir les Kurdes?

Ce départ va notamment laisser la milice kurde des YPG sans soutien militaire alors que Recep Tayyip Erdogan menace de l'attaquer, considérant les combattants kurdes comme des terroristes.


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Le chef de l'"armée nationale", une coalition de factions opposées au régime syrien et alliées de la Turquie dans le Nord syrien, avait auparavant appelé les Etats-Unis à s'assurer que leur départ ne débouche pas sur un retour du régime de Bachar al-Assad dans les zones encore aux mains des Kurdes.

Selon Nasr al-Hariri, ce vide pourrait notamment pousser les Kurdes à se rapprocher du pouvoir syrien pour se prémunir d'une offensive turque et tenter de préserver une relative autonomie.

Ankara redoute de voir s'instaurer un embryon d'Etat kurde à ses portes qui renforcerait les velléités séparatistes de la minorité kurde en Turquie.

Recep Tayyip Erdogan a promis samedi d'éliminer les djihadistes et les milices kurdes du nord-est syrien et, dans le même temps, la Turquie a envoyé des renforts militaires dans la région, selon une ONG syrienne.

Les FDS ont pour leur part menacé de suspendre la lutte contre l'EI pour défendre leur territoire et de libérer les centaines de djihadistes étrangers en détention, dont le sort est un casse-tête pour les Occidentaux.

Si son "califat" autoproclamé en 2014 s'est désagrégé face à de multiples offensives, l'organisation djihadiste conserve quelques réduits et reste capable de mener des attentats meurtriers en Syrie et à travers le monde.

La décision de Donald Trump a provoqué un choc aux Etats-Unis et chez leurs alliés internationaux. Elle a entraîné les démissions du ministre de la Défense Jim Mattis et de l'émissaire américain pour la coalition internationale antidjihadistes, Brett McGurk, qui étaient opposés au retrait américain.

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