Syrie: selon les experts la guerre pourrait durer encore 10 ans

Déjà trois ans de guerre en Syrie
Déjà trois ans de guerre en Syrie - © MOHAMMED AL-KHATIEB - BELGAIMAGE

Avec l'Iran et la Russie qui soutiennent le président Bachar al-Assad et les groupes extrémistes qui envahissent le champ de bataille, la guerre pourrait encore durer une décennie, ont mis en garde jeudi des experts.

Assad a délibérément choisi une "stratégie machiavélique" de ne rien faire pendant qu'émergeaient des groupes d'opposants extrémistes comme al-Nusra etl'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), quittant le giron de l'opposition modérée au régime, qui doit elle se battre sur deux fronts, ont-ils expliqué.

Assad instrumentalise les groupes extrémistes

"Il est maintenant clair que la chute d'Assad n'est plus aussi inévitable que beaucoup de spécialistes le croyaient il y a un an", a souligné l'analyste Daveed Gartenstein-Ross de la Fondation pour la défense de la démocratie. "Le scénario le plus probable est celui que les renseignements américains prévoient maintenant: que la guerre va continuer encore pendant dix ans, voire davantage", a-t-il ajouté.

Les discussions à Genève pour un accord de paix, initiées par Washington et Moscou, ont échoué fin février, tandis qu'Assad a été renforcé non seulement par les armes et l'argent de la Russie et de l'Iran, mais aussi par sa "volonté éhontée" de ne pas intervenir contre les mouvements extrémistes, selon cet expert.

"Le rôle majeur que jouent désormais les djihadistes (au sein de l'opposition) a dissuadé les pays occidentaux de peser davantage", explique Daveed Gartenstein-Ross.

3 ans de conflit

Le 15 mars marquera le troisième anniversaire du conflit, qui avait démarré par des manifestations contre le régime brutalement réprimées. La guerre a fait depuis 140 000 morts, tandis que 2,5 millions de Syriens ont fui leur pays, et 6,5 millions ont été déplacés à l'intérieur de la Syrie.

Pour Daveed Gartenstein-Ross, la politique de Washington, qui s'est toujours gardé de livrer des armes lourdes aux rebelles tout en apportant de l'aide humanitaire, est "confuse" et manque d'un vrai "désir de mettre fin" à la guerre.

Le risque réel : les soldats étrangers

L'arrivée de soldats étrangers dans le conflit pose aussi des risques réels, car "la majorité de ces combattants radicalisés vont revenir chez eux pour combattre (...) avant d'aller en Europe ou aux Etats-Unis", prévient Matthew Levitt, du Washington Institute for Near East Policy. "Alors que la guerre elle-même pourrait être (...) négociable, le sectarisme ne l'est pas, et va certainement créer les conditions de l'instabilité pendant de la prochaine décennie", selon lui.

AFP

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